Gutenberg arrive dans WordPress 5.0… et tout va bien se passer

Au WordCamp Europe 2017, la communauté WordPress a frissonné. Matt Mullenweg, Le co-fondateur du CMS, a présenté en grande pompe ce qu’il adviendra de WordPress très bientôt.

Une petite révolution, dénommée Gutenberg, en référence à une autre révolution historique, qui a à jamais changé la face du monde.

Personnellement, quand on me parle de révolution, je vois ça :

Gutenberg dans WordPress 5.0

Le chaos. La fureur de la foule. Les barricades. La maréchaussée à tous les coins de rue. Mais bon, ça, c’est mon petit côté 1789.

Si l’on écoute le ton calme de Matt Mullenweg, la révolution Gutenberg donne plutôt la sensation d’assister à un gentil sit-in de pacifistes, qui prônent la création de pages web en What You See Is What You Get.

Gutenberg dans WordPress 5.0

L’idée derrière Gutenberg : créer un éditeur de pages qui permet de visualiser les changements en temps réel, et qui serait ainsi plus accessible aux créateurs de sites débutants.

Mullenweg annonçait alors le déploiement du nouvel éditeur avec WordPress 5.0 : la révolution est bel et bien en marche, n’en déplaise aux sceptiques.

Et comme la Marmite a pour vocation d’accompagner ses lecteurs dans les recoins les plus abscons de WordPress, on a voulu tester la version préliminaire de Gutenberg, disponible en téléchargement sur wordpress.org.

Précision préliminaire #1 : Gutenberg, quel avenir ?

Nous avons pris le parti de tester Gutenberg comme un véritable constructeur de page, un peu comme j’ai eu l’occasion de le faire pour Visual Composer. Mais il faut garder à l’esprit que Gutenberg n’a pas pour vocation, dans un premier temps, de remplacer les page builders tels qu’on les connaît.

Je dis bien “dans un premier temps” car, au WordCamp Paris 2018, le 9 mars, Riad Benguella, membre de l’équipe de développement de Gutenberg, a bel et bien annoncé trois étapes au projet :

  • Dans un premier temps, Gutenberg se cantonnera à ce qu’il fait actuellement : être un Post Editor, c’est-à-dire un éditeur de contenu à la manière du TinyMCE que l’on connaît actuellement.
  • Dans un deuxième temps, Gutenberg est voué à devenir un Page Builder, ou constructeur de page, s’inspirant des mythiques Visual Composer ou Beaver Builder, par exemple.
  • Enfin, Gutenberg a pour objectif de se transformer en un véritable Site Builder, soit un constructeur de site. Le but : faire de WordPress une alternative OpenSource à des concurrents comme Wix ou SquareSpace.

Pas de jalons annoncés pour l’heure à ces différentes étapes, mais ces perspectives donnent un horizon plus large au projet Gutenberg.

Précision préliminaire #2 : Gutenberg et la structure en blocs

Gutenberg, dès aujourd’hui, propose de créer du contenu sous forme de blocs : il s’agit de la nouvelle unité de base WordPress. Or Chris Lema, véritable gourou de la communauté WordPress s’il en est, a récemment émis une idée intéressante à propos de ce nouvel éditeur : pour lui, il y a une raison au fait que WordPress souhaite passer au “tout bloc”.

Cette raison, ce serait de s’adapter à l’avenir de la création de sites web : la personnalisation du contenu selon le visiteur.
En l’état actuel, WordPress ne permet pas de créer des pages dynamiques, dont le contenu varie selon le profil de la personne qui le visite.

Or, si Gutenberg tient sa promesse de pouvoir créer des blocs de contenu aisément manipulables et réutilisables, voilà ce que WordPress 5.0 pourrait devenir : la base d’un assembleur de contenu vraiment pertinent, sous forme de blocs qui changent selon les intérêts des visiteurs.

Gutenberg éditeur WordPress

Joli point de vue, n’est-ce pas ? Ça donne presque envie de voir la révolution se lancer.

À noter également que nous mettrons à jour cet article au fur et à mesure que de nouvelles fonctionnalités seront déployées – et il risque d’y en avoir pas mal dans les mois à venir !

Allez, puisque je vous sens prêts, sereins (mais si, mais si !), lançons-nous donc dans ce test de Gutenberg !

Quels modules et templates pré-intégrés ?

Puisque nous avons décidé d’examiner Gutenberg comme un constructeur de page, on est en droit de se demander quels éléments structurels et design sont disponibles.

Tour d’horizon des modules pré-intégrés

Sous la version actuelle de Gutenberg (2.5), on appréciera la diversité des modules déjà disponibles. L’interface les classe en plusieurs catégories :

  • Les “Common Blocks” (blocs communs) : titres, galeries, blocs de texte, listes, vidéos, images seules…
  • Les “Formatting” (des blocs plutôt dédiés aux développeurs) : vous pouvez notamment y trouver un bloc spécialement dédié à l’insertion de code, préformaté ou non, ou encore des tables.
  • Les “Layout Blocks” (blocs d’agencement) : colonnes, boutons, séparateurs, barre “read more” – c’est ici que vous trouverez de quoi structurer votre page.
  • Les “Widgets” (classiques de WordPress) : c’est par ici que vous pourrez trouver un bloc pour intégrer une liste de vos catégories, de vos derniers articles, ou encore un bloc dédié à un shortcode, qui permettra de bien isoler celui-ci dans votre page. Il y a fort à parier qu’on verra plus de widgets intégrés à l’éditeur dans les mois à venir.
  • Les “Embeds” : ces blocs vous permettront, en rentrant uniquement l’URL, d’intégrer à votre page un tweet, une playlist Spotify, un post Instagram, une vidéo TED… et tout type de flux issu d’un site externe. Une fonctionnalité déjà possible via l’éditeur visuel historique, mais qu’il fait bon de retrouver chez Gutenberg.

Rien de bien trépidant donc, mais une organisation assez pratique de ces modules, qui permet de rapidement prendre l’outil en main.

Et les templates pré-intégrés ?

Depuis Gutenberg, vous ne trouverez pas de templates de page pré-intégrés. En ce sens, ce nouvel éditeur ne se comporte pas (encore) comme un constructeur de page, mais bien comme l’éditeur classique, qui propose de créer ses publications ex nihilo.

On note cependant une fonction pratique : “Convert to reusable bloc”, qui offre la possibilité de créer des blocs réutilisables, qui fonctionneront comme des mini-templates. Un élément pratique, imitant ce que des constructeurs de page comme Visual Composer permettent déjà de faire.

Templates Gutenberg

La fonction de mémorisation d’un bloc réutilisable dans Gutenberg

Quelle maniabilité ?

On ne peut pas parler de Gutenberg sans se poser la question de sa maniabilité. Il s’agit de l’un des arguments-phares des équipes WordPress pour présenter le nouvel éditeur de page comme un incontournable, plus accessible aux grands débutants grâce à une interface en WYSIWYG (What You See Is What You Get, soit une visualisation en temps réel des modifications).

Une interface très agréable

Pour commencer, laissons-nous quelques secondes pour apprécier l’interface très aérée de Gutenberg, qui nous change de l’éditeur classique. On retrouve quasiment un mode d’écriture sans distraction, à la façon d’un OmmWriter ou d’un UlysseApp, où la focalisation est faite sur le contenu, et non sur les commandes ou la mise en forme. Pouce en l’air !

Les habitués des constructeurs de page en glisser-déposer ne seront sans doute pas déçus par la prise en main de Gutenberg, puisque cette fonctionnalité est désormais supportée par l’éditeur : super, en termes d’ergonomie !

 

D’autre part, parlons du fameux WYSIWYG qu’on nous promet. Au clic sur un bloc créé, on a accès à de nombreuses options de personnalisation, en haut du bloc en question ou bien dans la barre de droite de l’interface. Et ces modifications sont bien visualisables en temps réel, tout en restant dans l’administration de WordPress.

Un vrai plus pour Gutenberg, de ce point de vue !

Gutenberg personnalisation du texte

Un exemple des options de personnalisation disponibles pour un bloc de texte

J’ai également apprécié “l’auto-complete automatique par slash”. Laissez-moi juste vous traduire ça en Français : en cliquant n’importe où dans l’interface, et en tapant un simple /, des propositions de blocs apparaissent.

Il ne vous reste qu’à utiliser les flèches de votre clavier, et la touche “Entrée”, pour choisir celui qui vous convient, et continuer votre rédaction de contenu.

Les inconditionnels de la communication par le logiciel Slack y retrouveront leurs réflexes favoris. Démonstration en image :

Gutenberg autocomplete slash

Ajout d’un titre de niveau 2 grâce à la méthode “d’autotocomplétion par slash”

Anecdotique ? Peut-être pas tant que ça, si on pense au temps qu’on peut gagner sur des pages longues. Alex vous avait d’ailleurs déjà parlé des bienfaits des raccourcis de l’éditeur actuel dans une de ses vidéos, vous vous souvenez ?

Mais une interface… encore en construction

Pour l’heure, cependant, je trouve que le WYSIWYG de Gutenberg laisse encore à désirer. J’ai eu affaire à quelques cas de figure où le rendu sur mon interface Gutenberg ne n’affichait pas la même chose sur l’aperçu ou la page publiée.

Ça a notamment été le cas lorsque j’ai ajouté une ligne de CSS additionnel pour que mes rangées se présentent en pleine largeur. Si la modification a été effectivement prise en compte sur le site…

Test Gutenberg WYSIWYG

Mon test de Gutenberg live…

… ce n’était pas le cas sur mon interface Gutenberg, qui m’affichait toujours un contenu centré et margé.

Gutenberg test WYSIWYG

… qui ne correspond pas du tout à ce que l’éditeur affichait.

Bien sûr, Gutenberg est encore en cours de développement ; sur ce point, les développeurs sont d’ailleurs honnêtes, et signalent de nombreux blocs comme “expérimentaux”.

Prenons donc quelques minutes pour apprécier la transparence d’une équipe de professionnels qui travaille dessus d’arrache-pied, et qui savent que le produit fini doit être aux petits oignons, pour contrer les levées de boucliers qui s’annoncent dans la communauté.

Test éditeur Gutenberg WordPress 5.0

Quel passage entre l’éditeur classique et Gutenberg ?

Autre élément de la plus haute importance : qu’en est-il de l’éditeur classique de WordPress, et de sa relation avec le petit nouveau Gutenberg ?

Il vous est toujours possible de repasser en mode “éditeur classique”, en sélectionnant la fonctionnalité adéquate depuis l’onglet “Pages” de WordPress.

Gutenberg passage TinyMCE

Il existe même déjà un plugin, nommé Classic Editor, qui vous permet de désactiver totalement Gutenberg, et de revenir à votre éditeur classique. Ouf.

Toutefois, si vous choisissez de passer de l’un à l’autre, vous rencontrerez sans doute quelques bugs dans le WYSIWYG. Comme celui-ci, qui a eu lieu lorsque je suis revenue en mode Gutenberg, après avoir touché au code HTML dans mon éditeur classique :

Gutenberg bug WYSIWYG

“Ce bloc semble avoir été modifié hors de l’éditeur. Écrasez ces modifications externes, ou convertissez-les en “classique” ou en “HTML personnalisé” pour conserver les changements.”

Pour faire simple, pour l’heure, si vous désirez mettre les mains dans le code, vous devrez vous asseoir sur l’interface visuelle de Gutenberg.

La raison, expliquée dans la documentation officielle : Gutenberg priorise le code généré par “bloc” via son éditeur, plutôt que le HTML classique, qui n’a plus de sens une fois re-rentré dans l’éditeur.

D’où ce code lorsque l’on passe d’un éditeur à l’autre, qui ressemble un peu à du gloubi-boulga pour mon niveau de connaissance 101 du développement web.

Gutenberg aperçu code

Un aperçu du code généré par Gutenberg

Bonne nouvelle cependant : si Gutenberg présente des erreurs en repassant par l’interface originale, on nous assure que, si l’on y revient, le site ne sera pas totalement cassé.

Normalement, pas de syndrôme “lock-in” en vue. Mais si, le lock-in, vous savez : ce dont Nicolas vous parlait à propos des thèmes Themeforest dans cet article.

Développeurs WordPress -vs- clients : quelle maniabilité ?

Gutenberg a été pensé, entre autres, pour ouvrir les portes du célèbre CMS aux grands débutants du web.

Là où les créateurs de sites s’orientaient parfois vers Wix, de peur d’affronter le cambouis technique, on devrait désormais voir un afflux de nouveaux types de personnes se lancer dans la création de sites WordPress. Pas de souci de maniabilité pour ceux qui découvriront cette plateforme via sa nouvelle interface.

Toutefois, qu’en est-il de ceux qui s’étaient habitués à l’ancienne interface ?

  • Les développeurs et autres fanatiques de code verront grosso modo le passage à Gutenberg comme la découverte d’un nouveau type de constructeur de page. À noter en particulier : Advanced Custom Fields est compatible avec Gutenberg, et celui-ci sera l’éditeur par défaut de tous les Custom Post Types. Certes, le statu quo était bien confortable, je vous l’accorde ; mais la phase d’adaptation sera assez rapide. N’hésitez d’ailleurs pas dès maintenant à vous y former : on vous recommande chaleureusement la formation de Maxime de CapitaineWP sur la création de blocs sur Gutenberg !
  • Pour les clients de ces développeurs, pas de panique : je vous recommande de faire un point en amont avec eux sur les changements induits par Gutenberg, et de mettre dès à présent en place un processus pour éviter toute méprise. Plugin de duplication de pages et modèles d’articles seront les bienvenus ! Mettez dès à présent un environnement de test en place. Et surtout, respirez un grand coup : ça va bien se passer.
  • En ce qui concerne les personnes ayant créé leur site de manière autonome, idem : familiarisez-vous avez l’interface, et mettez en place des plugins de duplication de pages qui vous permettront de vous en sortir. Après avoir pris de nouveaux réflexes, un constat s’impose : la forme change, mais Gutenberg permet toujours de rédiger du contenu… et il y a de fortes chances pour que ce nouvel éditeur vous plaise !

Quelle expérience utilisateur pour un site utilisant Gutenberg ?

Proposer une meilleure expérience aux créateurs de sites WordPress, c’est bien. Assurer des performances aux visiteurs de ces sites créés via Gutenberg, ça reste essentiel.

Influence sur la performance du site

Pour tester la performance d’un site créé via Gutenberg, j’ai comparé l’article de démonstration que permet de créer le plugin (similaire à cette page) avec une version identique mais réadaptée dans l’éditeur classique.

  • Article Gutenberg : Chargement en 6.1s pour 40 requêtes (source);
  • Article classique : Chargement en 3,7s pour 39 requêtes (source).

Alors attention, ne tirez pas de conclusions trop hâtives de cette comparaison !

Premièrement, l’article de démo de Gutenberg charge de GROSSES images (2,9Mo) alors que l’article classique se contente de 1,4Mo d’images.

Pourquoi ?

Parce que j’ai dû re-créer des galeries avec l’éditeur classique et de ce fait, la taille des images chargées sont réduites. Les galeries de Gutenberg chargent la taille originale des images, ce qui biaise le test (il faudrait que cela soit corrigé d’ici la sortie officielle).

Deuxièmement, même si les outils de mesure sont intéressants (nous avons utilisé WebPageTest), il ne faut pas oublier la vitesse de rendu constatée dans le navigateur.

On est d’accord, c’est du pifomètre mais au final on ne constate pas vraiment de différence entre un article classique et un article créé avec Gutenberg.

D’autant plus que si votre site est optimisé avec les recommandations de mon collègue Florian, cela devrait encore moins se sentir.

Optimisation du SEO

Les blocs de modules permettent à un créateur de site lamba de bien gérer ses balises <hn>, et ce de deux manières différentes :

  • D’une part, avec la possibilité de toujours accéder au code HTML (soit dans un bloc “paragraphe de texte”, soit dans un module dédié au code directement)
  • D’autre part, avec des blocs dédiés aux titres, intitulés “Heading” ou “Subhead”.

Gutenberg balises titres SEO

Sur la barre de droite de l’interface, on est d’ailleurs agréablement surpris de voir surgir la structure titulaire de la page de manière très claire :

Gutenberg structure SEO

Créez des publications bien structurées avec Gutenberg

Quant aux textes alternatifs de vos images, pas de souci non plus : les blocs d’images générés par Gutenberg vont directement chercher dans la Bibliothèque de Médias les fichiers que vous souhaitez faire apparaître.

Vous avez ainsi directement accès au champ “texte alternatif”, comme d’habitude. Et si vous changez d’avis a posteriori, un seul clic sur l’image suffit à faire apparaître le texte alternatif dans la barre de droite.

Gutenberg SEO textes alternatifs

Responsiveness

Rien à signaler du côté du responsive dans mes tests effectués. Les pages publiées avec Gutenberg s’adaptent bien à tous les formats, quels que soient les blocs utilisés. C’est d’ailleurs le thème que vous avez sélectionné qui régit l’adaptabilité de vos pages : rien de cela ne changera donc avec Gutenberg.

Quelle adaptation aux thèmes et plugins ?

C’est une certitude : tous les thèmes sont par défaut compatibles par Gutenberg.Toutefois, la balle reste dans le camp de leurs développeurs : ce seront à eux de s’adapter pour créer la meilleure interface de création de publications.

En théorie, ils ne devraient pas y voir un challenge démesuré, puisque Gutenberg n’a d’effet que sur le contenu des publications, sans grand changement structurel. En en parlant avec Alex, voici ce qu’il m’a dit, et qui devrait en rassurer plus d’un :

“Je ne me fais pas de souci pour la communauté de dev face à Gutenberg. S’ils le veulent, il pourront optimiser leurs thèmes afin de proposer des options précises. Dans le cas contraire, les options par défaut de Gutenberg seront là.“

C’est d’ailleurs la promesse d’un nouvel eldorado pour ces développeurs que ce nouvel éditeur : tous n’optimiseront pas leurs thèmes actuels pour Gutenberg, et ceux qui le feront sortiront rapidement du lot. Opportunités business en vue !

Gutenberg développeurs opportunités

On vous tiendra bien sûr au courant de ceux qui auront conquis notre coeur.

Du côté des plugins, on verra surgir une même problématique similaire :

  • Les extensions qui génèrent des shortcodes ne verront aucun problème au changement d’éditeur, étant donné que Gutenberg les supporte. Ces plugins devront sans doute créer leurs propres blocs pour bien s’intégrer à ce nouveau paradigme.
  • Les extensions qui créent des options dans les métabox (ces petites boîtes sous l’éditeur WordPress, qui régissent l’ensemble de la page en construction), devront certainement donner un petit coup de bistouri à leurs interfaces, pour s’adapter à Gutenberg. Mais le nouvel éditeur supporte bien ces métabox ! Les plus grands plugins planchent déjà sur le sujet, comme Yoast SEO, qui a choisi d’en parler avec transparence, pour rassurer les adeptes de sa solution.

Pour les créateurs de sites en général, il va donc falloir garder à l’oeil vos thèmes et extensions préférées, et intégrer leur adaptation à Gutenberg sous WordPress 5.0 dans vos critères de sélection.

Quelle évolutivité ?

Difficile de parler de l’évolutivité d’une solution en cours de développement. À l’heure où j’écris cet article, tout le support se déroule sur GitHub. On y voit des utilisateurs effarés et affairés demander de l’aide à l’équipe technique de Gutenberg, qui ne cesse de fermer des discussions, en renvoyant à d’autres questions posées dans une autre discussion…

Oui, ok, c’est un peu le souk pour l’instant ; mais que celui qui n’a jamais entrepris de grands travaux sans mettre le bazar jette la première pierre à l’équipe de Gutenberg ! Pas de panique, communauté WordPress : on vous écoute, et on vous soutient.

Quel rapport qualité/prix ?

Gutenberg sera intégré par défaut à l’interface WordPress, et restera donc totalement gratuit.

L’équipe de développeurs Gutenberg n’a pour l’instant pas communiqué sur l’idée de créer des add-ons, mais l’écosystème WordPress commence déjà à se frotter les mains à l’idée de proposer des plugins (gratuits, ou payants, d’ailleurs) permettant de mettre en place des blocs spécifiques.

On pense notamment à celui de Maxime BJ de CapitaineWP : Advanced Gutenberg Blocks, qui permet d’ajouter une myriade de blocs supplémentaires comme :

  • Des boites de message ;
  • Des produits WooCommerce ;
  • Des boutons d’ajout au panier ;
  • Des cartes Google Maps ;
  • Des publicités ;
  • Des témoignages ;
  • Des aperçus de sites (le préféré d’Alex).

Enfin bref on vous le dit, Gutenberg est une vraie aubaine pour les dev !

Notre avis final

Alors finalement, on en pense quoi, de cette version préliminaire de Gutenberg ?

Les points forts de Gutenberg

  • Une interface de création qui simplifiera la vie des non-initiés. Parmi ces simplifications, on peut notamment noter le nombre limité de blocs disponibles, qui permet finalement d’apprendre très vite à s’en servir.
  • Un WordPress 5.0 qui s’annonce bien plus compétitif par rapport aux autres CMS. Notre plateforme favorite s’attaque effectivement au marché du WYSIWYG, et compte concurrencer les Wix et autres Squarespace. Un nouveau chapitre prometteur pour les développeurs de thèmes et de plugins.
  • Un éditeur de page gratuit, totalement gratuit, et créé avec la volonté qu’il le reste, pour toujours.
  • Un code en JavaScript, langage qui permet des temps de réponses beaucoup plus rapides. On se trouve donc devant un rendu en front, mais aussi une interface d’administration, beaucoup plus performante.

Les points faibles de Gutenberg

  • Un éditeur encore en cours de construction. Voilà pourquoi on n’a pas tellement envie de lui taper sur les doigts pour l’instant, mais plutôt envie de faire confiance aux équipes de professionnels qui travaillent d’arrache-pied dessus.
  • Une documentation pour l’instant exclusivement dédiée aux professionnels de WordPress anglophones, via GitHub et sur wordpress.org. Une conséquence du premier point ici abordé. Mais on fait confiance à la communauté pour fournir, dès la sortie de Gutenberg, une docu totalement traduite en Français, et bien compréhensible.

Gutenberg : pour qui ?

Bon, soyons clairs : pour l’instant, Gutenberg ne s’adresse qu’à ceux qui souhaitent contribuer à la mise en place d’une interface réellement performante, ou qui aiment simplement observer les changements au jour le jour… autant dire : aux développeurs aguerris, et aux petits curieux comme vous, chers lecteurs.

Mais à terme, s’il tient ses promesses, l’éditeur Gutenberg pourrait bien changer la donne vis-à-vis des créateurs de sites-vitrines, de blogs ou de boutiques e-commerce qui souhaitent lancer leur site seul.

À la clé : une interface plus instinctive, qui permet d’éviter au maximum de coder, et qui permet de visualiser les changements en direct. On verra sans doute également des erreurs très communes, induites par l’éditeur classique, diminuer. Exit, par exemple, les titres de niveau 2 intégrés par souci de taille, mais qui cassent la structure de la page web.

Quant aux développeurs freelance et aux webdesigners, je ne doute pas qu’ils trouveront de nouveaux réflexes face à cet outil, et mettront en place des process fluides avec leurs clients. Dans ma boule de cristal, j’en vois même qui seront heureux de pouvoir créer, de bout en bout, leurs propres modules.

Si aucune date n’a été annoncée pour la sortie de WordPress 5.0 et de Gutenberg embarqué avec, ce sera bel et bien pour la première moitié de 2018. La révolution arrive, mais pas besoin de s’affoler : la Marmite vous accompagnera tout au long du déploiement de ce nouvel éditeur.

En attendant, vous pouvez commencer à tester la bestiole en recherchant Gutenberg sur la page Extension > Ajouter ou en la téléchargeant gratuitement ici…

Téléchargez la version préliminaire de Gutenberg

… et, au besoin, si vous êtes toujours angoissé, n’hésitez pas à reprendre une bonne dose de Tracy Chapman 😊

Alors, que pensez-vous de Gutenberg et de ce que cela augure pour pour le futur de WordPress ? Dites-nous tout en commentaire !

Si vous avez apprécié cet article, inscrivez-vous à la newsletter

Recevez gratuitement les prochains articles et accédez à des ressources exclusives. Plus de 20 000 personnes l'ont fait, pourquoi pas vous ?

C'est parti, je m'inscris !

30 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. comme vous dites si bien : » Il existe même déjà un plugin, nommé Classic Editor, qui vous permet de désactiver totalement Gutenberg, et de revenir à votre éditeur classique. Ouf. »

    j’ai plusieurs sites ( plus de 30!) oú je n’ai nullement besoin d’un constructeur de pages, juste un truc simple et efficace pour planter des articles..

    Répondre
    • Bonjour. Malheureusement tu ne mettras plus tes sites à jour dans ce cas…

  2. Merci beaucoup pour cet article.
    Qu’en est-il de la comptabilité / interaction, basculement avec les pagebuilder type DIVI ???
    Si j’ai bien compris, pour le moment, il vaut mieux rester avec DIVI Builder, mais il sera peut-être intéressant à l’avenir de construire son site avec Gutenberg ?

    En tout cas, oui, ça ressemble bien à une petite révolution !

    Répondre
    • Bonjour, c’est possible mais pour l’instant ce n’est pas du tout la meme chose. Divi offrant largement plus de possibilités et de flexibilité

  3. Très bon article ! J’en ai lu plusieurs dans la même thématiques mais je ne trouve pas la réponse à la question suivante : quid des sites en ligne avec des pages builder type Visual Composer ? Pourra t-on faire la maj tranquillement vers la 5.0 sans que le site soit « cassé » ?

    Répondre
    • Bonjour, normalement tous les développeurs mettront à jour leurs extensions. Donc attends un peu mais surtout SAUVEGARDE TON SITE avant la mise à jour. On ne sait jamais 😉

  4. Bonjour

    Merci pour cet article très intéressant.
    Toutefois je n’ai pas réussi à être sûre d’une chose.

    Est-ce que si on ne veut pas de ce nouvel éditeur et que l’on veut continuer avec l’éditeur html, on pourra continuer à le faire ?

    Parce que les constructeurs de page c’est bien mais quand on maîtrise parfaitement le html ces usines à gaz sont plus une gêne qu’autre chose…

    Répondre
    • Bonjour, oui tu auras le choix, en revanche je parie que tu n’utiliseras plus l’éditeur de texte simple au bout de quelques semaines

  5. Et merci eleonor pour cette mise en bouche de Gutenberg article très intéressant je vais suivre avec attention l’évolution de Gutenberg.

    Bonne continuation.

    Répondre
  6. Bonjour

    Est-ce que DIVI (qui a visiblement un coup d’avance aujourd’hui) a du soucis à se faire avec l’arrivée de Gutenberg (ou les futurs versions de l’imprimeur 3.0) ?

    Répondre
    • Bonjour, pas pour l’instant. Gutenberg n’embarque pas autant de fonctionnalité et de flexibilité que Divi qui gère beaucoup mieux la partie visible du site

  7. Merci beaucoup pour cet article. J’allais à reculons chaque fois que je lisais Gutenberg quelque part, mais votre article a dédramatisé la bête !
    Par contre, il y a plusieurs images insérées dans l’article qui n’apparaissent pas à l’écran, ou du moins sur mon écran…

    Répondre
  8. Moi j’ai retenu un mot dans cet article : Javacsript ! et ça, ça me plait enormément ….

    Répondre
  9. Malgré tous ses « avantages », je pense que vouloir imposer Gutenberg dans l’idée de glisser à terme vers un composeur visuel intégré est une énorme erreur. Ce qui fait la force de WordPress, c’est notamment sa simplicité. Aujourd’hui, on peut créer un site pour un client et lui laisser la main pour qu’il crée ses articles de blog facilement. Avec Gutenberg, ça va être le gros bazar. La plupart des gens « normaux » ne comprendront rien à ce truc.

    Je pense que WordPress ne doit pas être pensé pour les développeurs de plugins ou de thème qui vont s’éclater avec Gutenberg, mais pour les utilisateurs finaux. Il faut impérativement pouvoir désactiver cet éditeur avancé, que ce soit une option, un choix délibéré de l’utilisateur, pas un choix imposé.

    Répondre
    • Bonjour, je pense que tu te trompes. Gutenberg est vraiment très simple de compréhension et n’importe quel blogueur amateur saura écrire et mettre des articles en forme simplement. L’as-tu essayé?

  10. Hello
    Merci pour cet article très intéressant, Comme je suis quelqu’un de curieux et de ce fait je cherche toujours ce qui sera positif lorsqu’une nouveauté arrive.
    Je me permet juste une petite question.
    Est-ce que lors du passage a la version 5.0 les sites créé avec les versions antérieures pourrait poser des problème ?
    Merci d’avance
    Jean-Luc

    Répondre
    • Bonjour, normalement non, mais je te conseille quand même de faire des sauvegardes de tes sites avant cette grosse maj (comme avant toutes majs en faite)

  11. Merci beaucoup pour cet article de fond très complet. Comme je suis encore à la crèche de WordPress, je vais laisser les grands essuyer les plâtres avant de basculer vers Gutenberg. 😀 Mais il fait très envie !

    J’imagine que les formations de la Marmite vont évoluer aussi n’est-ce pas ?

    Répondre
    • Bonjour Marie,

      En effet, Gutenberg est encore en version beta, plein de choses sont encore à améliorer mais j’avoue que l’interface est rafraichissante. On sort de l’archaïsme d’un simple éditeur.

      Pour les formations de la Marmite, tout n’évoluera peut-être pas à la sortie de WP 5.0 mais au final, ce n’est jusqu’un changement d’interface. Pour le moment, il s’agira juste d’un nouvel éditeur. L’aspect page builder et site builder viendront ensuite.

  12. Bravo pour cet article détaillé, qui présente à la fois le fonctionnement de Gutenberg, et les enjeux et objectifs de sa mise en place, selon les différents niveaux des utilisateurs, du débutant au développeur.
    Lors d’une discussion récente sur le slack, alors que je demandais comment informer les utilisateurs « de base » de l’arrivée de Gut’ (pour les intimes), certains me répondaient qu’il était trop tôt, parce que l’outil est encore en évolution. Cet article démontre qu’on peut déjà apporter des informations pertinentes, sans affoler tout le monde, quitte à admettre que « tout n’est pas encore prêt » … mais que ça devrait venir. Soyons optimistes sur l’avenir de notre CMS favori, et sur les compétences de « ceux qui savent » pour partager leurs connaissances avec le plus grand nombre d’utilisateurs.
    Encore merci à Éléonor pour son article, et à Alex pour nous l’offrir sur la marmite.

    Répondre
    • Merci pour ton retour Flobogo !

      En effet, affoler tout le monde ne va pas aider les gens à faire cette transition sereinement 🙂
      J’ai vu passer l’info que WP 4.9.5 ajoutera un encart sur le tableau de bord pour inciter à l’installation de Gutenberg. C’est déjà une première approche afin de tester la réactivité des utilisateurs lambdas.

  13. Merci beaucoup pour cet article qui me permet de mieux appréhender cette révolution!! Je progresse et j’apprends tout les jours grâce à la marmite!!

    Répondre
    • Merci David, à bientôt 🙂

  14. Merci ELEONOR et ALEX pour ces infos « révolutionnaires » et précises. Une question de débutant : cela signifie-t-il que nous n’aurons plus besoin d’investir sur un thème de type « Divi » qui comprend son propre builder ?
    Compatibilité des builders ? Bugs entre les extensions « concurrentes » ?
    Merci encore.

    Répondre
    • Bonjour, Gutenberg n’est pas encore un builder comme le Divi Builder à proprement parler. Il comprend pour l’instant des fonctionnalités moins avancées que Divi et ne permet surtout de mettre en page facilement des articles ou des pages. C’est le thème ensuite qui gère la partie Design

  15. Merci pour l’article qui m’éclaire plus qu’il ne m’inquiète – d’autres sites m’ont paru pleinement hostiles et ont piqué ma curiosité…
    Hormis l’interface avenante et la perte de tiny Mc (ainsi que l’intégration d’une feuille de style répondant à une charte graphique définie pour unetelle ou untel) et en l’absence de thème dédié – présence des widgets toujours disponible… l’usage est bien vécu de mon coté et ne présente finalement rien de … compliqué.
    L’usage bloc – dans les grandes lignes – est rendu aux balises qui possède déjà cette qualité – si je ne e trompe pas…
    Je vais fouiller plus loin quant à des modifications css et voir leur intégrations…
    > Si thème ‘Gut-Ready’ pour test… je demande à essayer 😉

    Merci encore pour vos articles et en clin d’œil, j’espère que la casserole va bien (?)

    Répondre
  16. Pour répondre à Julien qui me demande si j’ai essayé Gutenberg, non pas encore. Mais je persiste à croire que cela ne devrait être qu’une option – pourquoi pas intégrée à Jetpack ? Je suis dans doute d’une génération qui pense encore que c’est l’outil qui doit s’adapter à l’utilisateur et pas le contraire. Quand je vois le niveau de certains de mes clients, je me dis qu’avec un éditeur visuel (même simplifié), c’est pas gagné !

    Je précise que j’utilise Divi fréquemment et donc je n’ai rien contre les éditeurs visuels, bien au contraire. Je ne suis pas un intégriste du code fait main. Je veux juste qu’on me laisse le choix, en fonction du besoin.

    En tout cas, je ne ferai pas la mise à jour vers WordPress 5 dès ça sortie, c’est certain. Je laisserai les plus téméraires « essuyer les plâtres » quelques temps 😉

    Répondre
  17. Au final Gutenberg est juste une manière plus visuelle de présenter l’éditeur classique.. Un peu comme le customizer avec les thèmes. En somme pas tant une révolution que ça, mais plus une amélioration de l’expérience utilisateur.

    Répondre
  18. Déjà testé Gutenberg, je le trouve ‘smart’, le nom aussi, très bien choisi. Excellent article, merci !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La Marmite ne peut malheureusement pas fournir de support. Merci d'en tenir compte dans votre commentaire 😉

Si vous ne lui en voulez pas, donnez-lui un j'aime sur Facebook :



neque. non consequat. et, ultricies at venenatis Aenean
205 Partages
Partagez152
Tweetez53
Partagez