Publié par le 29 mars 2018 • 89 Commentaires

Au WordCamp Europe 2017, la communauté WordPress a frissonné. Matt Mullenweg, Le co-fondateur du CMS, a présenté en grande pompe ce qu’il adviendra de WordPress très bientôt.

Une petite révolution, dénommée Gutenberg, en référence à une autre révolution historique, qui a à jamais changé la face du monde.

Personnellement, quand on me parle de révolution, je vois ça :

Gutenberg dans WordPress 5.0

Le chaos. La fureur de la foule. Les barricades. La maréchaussée à tous les coins de rue. Mais bon, ça, c’est mon petit côté 1789.

Si l’on écoute le ton calme de Matt Mullenweg, la révolution Gutenberg donne plutôt la sensation d’assister à un gentil sit-in de pacifistes, qui prônent la création de pages web en What You See Is What You Get.

Gutenberg dans WordPress 5.0

L’idée derrière Gutenberg : créer un éditeur de pages qui permet de visualiser les changements en temps réel, et qui serait ainsi plus accessible aux créateurs de sites débutants.

Mullenweg annonçait alors le déploiement du nouvel éditeur avec la version 5.0 de WordPress, qui devrait être lancée fin 2018 ou début 2019 : la révolution est bel et bien en marche, n’en déplaise aux sceptiques.

Et comme la Marmite a pour vocation d’accompagner ses lecteurs dans les recoins les plus abscons de WordPress, on a voulu tester la version préliminaire de Gutenberg, disponible en téléchargement sur wordpress.org.

Précision préliminaire #1 : Gutenberg, quel avenir ?

Nous avons pris le parti de tester Gutenberg comme un véritable constructeur de page, un peu comme j’ai eu l’occasion de le faire pour Visual Composer. Mais il faut garder à l’esprit que Gutenberg n’a pas pour vocation, dans un premier temps, de remplacer les page builders tels qu’on les connaît.

Je dis bien “dans un premier temps” car, au WordCamp Paris 2018, le 9 mars, Riad Benguella, membre de l’équipe de développement de Gutenberg, a bel et bien annoncé trois étapes au projet :

  • Dans un premier temps, Gutenberg se cantonnera à ce qu’il fait actuellement : être un Post Editor, c’est-à-dire un éditeur de contenu à la manière du TinyMCE que l’on connaît actuellement.
  • Dans un deuxième temps, Gutenberg est voué à devenir un Page Builder, ou constructeur de page, s’inspirant des mythiques Visual Composer ou Beaver Builder, par exemple.
  • Enfin, Gutenberg a pour objectif de se transformer en un véritable Site Builder, soit un constructeur de site. Le but : faire de WordPress une alternative OpenSource à des concurrents comme Wix ou SquareSpace.

Pas de jalons annoncés pour l’heure à ces différentes étapes, mais ces perspectives donnent un horizon plus large au projet Gutenberg.

Précision préliminaire #2 : Gutenberg et la structure en blocs

Gutenberg, dès aujourd’hui, propose de créer du contenu sous forme de blocs : il s’agit de la nouvelle unité de base WordPress. Or Chris Lema, véritable gourou de la communauté WordPress s’il en est, a récemment émis une idée intéressante à propos de ce nouvel éditeur : pour lui, il y a une raison au fait que WordPress souhaite passer au “tout bloc”.

Cette raison, ce serait de s’adapter à l’avenir de la création de sites web : la personnalisation du contenu selon le visiteur.
En l’état actuel, WordPress ne permet pas de créer des pages dynamiques, dont le contenu varie selon le profil de la personne qui le visite.

Or, si Gutenberg tient sa promesse de pouvoir créer des blocs de contenu aisément manipulables et réutilisables, voilà ce que WordPress 5.0 pourrait devenir : la base d’un assembleur de contenu vraiment pertinent, sous forme de blocs qui changent selon les intérêts des visiteurs.

Gutenberg éditeur WordPress

Joli point de vue, n’est-ce pas ? Ça donne presque envie de voir la révolution se lancer.

À noter également que nous mettrons à jour cet article au fur et à mesure que de nouvelles fonctionnalités seront déployées – et il risque d’y en avoir pas mal dans les mois à venir !

Allez, puisque je vous sens prêts, sereins (mais si, mais si !), lançons-nous donc dans ce test de Gutenberg !

Quels modules et templates pré-intégrés ?

Puisque nous avons décidé d’examiner Gutenberg comme un constructeur de page, on est en droit de se demander quels éléments structurels et design sont disponibles.

Tour d’horizon des modules pré-intégrés

Sous la version de Gutenberg que nous avons testée (2.5), on appréciera la diversité des modules déjà disponibles. L’interface les classe en plusieurs catégories :

  • Les “Common Blocks” (blocs communs) : titres, galeries, blocs de texte, listes, vidéos, images seules…
  • Les “Formatting” (des blocs plutôt dédiés aux développeurs) : vous pouvez notamment y trouver un bloc spécialement dédié à l’insertion de code, préformaté ou non, ou encore des tables.
  • Les “Layout Blocks” (blocs d’agencement) : colonnes, boutons, séparateurs, barre “read more” – c’est ici que vous trouverez de quoi structurer votre page.
  • Les “Widgets” (classiques de WordPress) : c’est par ici que vous pourrez trouver un bloc pour intégrer une liste de vos catégories, de vos derniers articles, ou encore un bloc dédié à un shortcode, qui permettra de bien isoler celui-ci dans votre page. Il y a fort à parier qu’on verra plus de widgets intégrés à l’éditeur dans les mois à venir.
  • Les “Embeds” : ces blocs vous permettront, en rentrant uniquement l’URL, d’intégrer à votre page un tweet, une playlist Spotify, un post Instagram, une vidéo TED… et tout type de flux issu d’un site externe. Une fonctionnalité déjà possible via l’éditeur visuel historique, mais qu’il fait bon de retrouver chez Gutenberg.

Rien de bien trépidant donc, mais une organisation assez pratique de ces modules, qui permet de rapidement prendre l’outil en main.

Et les templates pré-intégrés ?

Depuis Gutenberg, vous ne trouverez pas de templates de page pré-intégrés. En ce sens, ce nouvel éditeur ne se comporte pas (encore) comme un constructeur de page, mais bien comme l’éditeur classique, qui propose de créer ses publications ex nihilo.

On note cependant une fonction pratique : “Convert to reusable bloc”, qui offre la possibilité de créer des blocs réutilisables, qui fonctionneront comme des mini-templates. Un élément pratique, imitant ce que des constructeurs de page comme Visual Composer permettent déjà de faire.

Templates Gutenberg

La fonction de mémorisation d’un bloc réutilisable dans Gutenberg

Quelle maniabilité ?

On ne peut pas parler de Gutenberg sans se poser la question de sa maniabilité. Il s’agit de l’un des arguments-phares des équipes WordPress pour présenter le nouvel éditeur de page comme un incontournable, plus accessible aux grands débutants grâce à une interface en WYSIWYG (What You See Is What You Get, soit une visualisation en temps réel des modifications).

Une interface très agréable

Pour commencer, laissons-nous quelques secondes pour apprécier l’interface très aérée de Gutenberg, qui nous change de l’éditeur classique. On retrouve quasiment un mode d’écriture sans distraction, à la façon d’un OmmWriter ou d’un UlysseApp, où la focalisation est faite sur le contenu, et non sur les commandes ou la mise en forme. Pouce en l’air !

Les habitués des constructeurs de page en glisser-déposer ne seront sans doute pas déçus par la prise en main de Gutenberg, puisque cette fonctionnalité est désormais supportée par l’éditeur : super, en termes d’ergonomie !

 

D’autre part, parlons du fameux WYSIWYG qu’on nous promet. Au clic sur un bloc créé, on a accès à de nombreuses options de personnalisation, en haut du bloc en question ou bien dans la barre de droite de l’interface. Et ces modifications sont bien visualisables en temps réel, tout en restant dans l’administration de WordPress.

Un vrai plus pour Gutenberg, de ce point de vue !

Gutenberg personnalisation du texte

Un exemple des options de personnalisation disponibles pour un bloc de texte

J’ai également apprécié “l’auto-complete automatique par slash”. Laissez-moi juste vous traduire ça en Français : en cliquant n’importe où dans l’interface, et en tapant un simple /, des propositions de blocs apparaissent.

Il ne vous reste qu’à utiliser les flèches de votre clavier, et la touche “Entrée”, pour choisir celui qui vous convient, et continuer votre rédaction de contenu.

Les inconditionnels de la communication par le logiciel Slack y retrouveront leurs réflexes favoris. Démonstration en image :

Gutenberg autocomplete slash

Ajout d’un titre de niveau 2 grâce à la méthode “d’autotocomplétion par slash”

Anecdotique ? Peut-être pas tant que ça, si on pense au temps qu’on peut gagner sur des pages longues. Alex vous avait d’ailleurs déjà parlé des bienfaits des raccourcis de l’éditeur actuel dans une de ses vidéos, vous vous souvenez ?

Mais une interface… encore en construction

Au moment de ce test, j’ai trouvé que le WYSIWYG de Gutenberg laissait encore à désirer. J’ai eu affaire à quelques cas de figure où le rendu sur mon interface Gutenberg ne n’affichait pas la même chose sur l’aperçu ou la page publiée.

Ça a notamment été le cas lorsque j’ai ajouté une ligne de CSS additionnel pour que mes rangées se présentent en pleine largeur. Si la modification a été effectivement prise en compte sur le site…

Test Gutenberg WYSIWYG

Mon test de Gutenberg live…

… ce n’était pas le cas sur mon interface Gutenberg, qui m’affichait toujours un contenu centré et margé.

Gutenberg test WYSIWYG

… qui ne correspond pas du tout à ce que l’éditeur affichait.

Bien sûr, Gutenberg est encore en cours de développement ; sur ce point, les développeurs sont d’ailleurs honnêtes, et signalent de nombreux blocs comme “expérimentaux”.

Prenons donc quelques minutes pour apprécier la transparence d’une équipe de professionnels qui travaille dessus d’arrache-pied, et qui savent que le produit fini doit être aux petits oignons, pour contrer les levées de boucliers qui s’annoncent dans la communauté.

Test éditeur Gutenberg WordPress 5.0

Note : Au sein de la communauté WP, de nombreuses voix se sont élevées – y compris parmi l’équipe des contributeurs – pour demander de repousser la date de sortie de la version 5.0 de WordPress, ce qui a été fait à plusieurs reprises. La raison ? La présence de bugs, avec Gutenberg, qui nécessitent d’être corrigés. Matt Mullenweg, l’un des créateurs de WordPress, a alors rétorqué que ceux qui ne souhaitaient pas utiliser Gutenberg pouvaient très bien continuer à se servir de l’ancien éditeur de texte grâce à un plugin dont on va parler juste en-dessous.

Quel passage entre l’éditeur classique et Gutenberg ?

Autre élément de la plus haute importance : qu’en est-il de l’éditeur classique de WordPress, et de sa relation avec le petit nouveau Gutenberg ?

Il vous est toujours possible de repasser en mode “éditeur classique”, en sélectionnant la fonctionnalité adéquate depuis l’onglet “Pages” de WordPress.

Gutenberg passage TinyMCE

Il existe même déjà un plugin, nommé Classic Editor, qui vous permet de désactiver totalement Gutenberg, et de revenir à votre éditeur classique. Ouf.

Toutefois, si vous choisissez de passer de l’un à l’autre, vous rencontrerez peut-être quelques bugs dans le WYSIWYG. Comme celui-ci, qui a eu lieu lorsque je suis revenue en mode Gutenberg, après avoir touché au code HTML dans mon éditeur classique :

Gutenberg bug WYSIWYG

“Ce bloc semble avoir été modifié hors de l’éditeur. Écrasez ces modifications externes, ou convertissez-les en “classique” ou en “HTML personnalisé” pour conserver les changements.”

Pour faire simple, pour l’heure, si vous désirez mettre les mains dans le code, vous devrez vous asseoir sur l’interface visuelle de Gutenberg.

La raison, expliquée dans la documentation officielle : Gutenberg priorise le code généré par “bloc” via son éditeur, plutôt que le HTML classique, qui n’a plus de sens une fois re-rentré dans l’éditeur.

D’où ce code lorsque l’on passe d’un éditeur à l’autre, qui ressemble un peu à du gloubi-boulga pour mon niveau de connaissance 101 du développement web.

Gutenberg aperçu code

Un aperçu du code généré par Gutenberg

Bonne nouvelle cependant : si Gutenberg présente des erreurs en repassant par l’interface originale, on nous assure que, si l’on y revient, le site ne sera pas totalement cassé.

Normalement, pas de syndrôme “lock-in” en vue. Mais si, le lock-in, vous savez : ce dont Nicolas vous parlait à propos des thèmes Themeforest dans cet article.

Développeurs WordPress -vs- clients : quelle maniabilité ?

Gutenberg a été pensé, entre autres, pour ouvrir les portes du célèbre CMS aux grands débutants du web.

Là où les créateurs de sites s’orientaient parfois vers Wix, de peur d’affronter le cambouis technique, on devrait désormais voir un afflux de nouveaux types de personnes se lancer dans la création de sites WordPress. Pas de souci de maniabilité pour ceux qui découvriront cette plateforme via sa nouvelle interface.

Toutefois, qu’en est-il de ceux qui s’étaient habitués à l’ancienne interface ?

  • Les développeurs et autres fanatiques de code verront grosso modo le passage à Gutenberg comme la découverte d’un nouveau type de constructeur de page. À noter en particulier : Advanced Custom Fields est compatible avec Gutenberg, et celui-ci sera l’éditeur par défaut de tous les Custom Post Types. Certes, le statu quo était bien confortable, je vous l’accorde ; mais la phase d’adaptation sera assez rapide. N’hésitez d’ailleurs pas dès maintenant à vous y former : on vous recommande chaleureusement la formation de Maxime de CapitaineWP sur la création de blocs sur Gutenberg !
  • Pour les clients de ces développeurs, pas de panique : je vous recommande de faire un point en amont avec eux sur les changements induits par Gutenberg, et de mettre dès à présent en place un processus pour éviter toute méprise. Plugin de duplication de pages et modèles d’articles seront les bienvenus ! Mettez dès à présent un environnement de test en place. Et surtout, respirez un grand coup : ça va bien se passer.
  • En ce qui concerne les personnes ayant créé leur site de manière autonome, idem : familiarisez-vous avez l’interface, et mettez en place des plugins de duplication de pages qui vous permettront de vous en sortir. Après avoir pris de nouveaux réflexes, un constat s’impose : la forme change, mais Gutenberg permet toujours de rédiger du contenu… et il y a de fortes chances pour que ce nouvel éditeur vous plaise !

Quelle expérience utilisateur pour un site utilisant Gutenberg ?

Proposer une meilleure expérience aux créateurs de sites WordPress, c’est bien. Assurer des performances aux visiteurs de ces sites créés via Gutenberg, ça reste essentiel.

Influence sur la performance du site

Pour tester la performance d’un site créé via Gutenberg, j’ai comparé l’article de démonstration que permet de créer le plugin (similaire à cette page) avec une version identique mais réadaptée dans l’éditeur classique.

  • Article Gutenberg : Chargement en 6.1s pour 40 requêtes (source);
  • Article classique : Chargement en 3,7s pour 39 requêtes (source).

Alors attention, ne tirez pas de conclusions trop hâtives de cette comparaison !

Premièrement, l’article de démo de Gutenberg charge de GROSSES images (2,9Mo) alors que l’article classique se contente de 1,4Mo d’images.

Pourquoi ?

Parce que j’ai dû re-créer des galeries avec l’éditeur classique et de ce fait, la taille des images chargées sont réduites. Les galeries de Gutenberg chargent la taille originale des images, ce qui biaise le test (il faudrait que cela soit corrigé d’ici la sortie officielle).

Deuxièmement, même si les outils de mesure sont intéressants (nous avons utilisé WebPageTest), il ne faut pas oublier la vitesse de rendu constatée dans le navigateur.

On est d’accord, c’est du pifomètre mais au final on ne constate pas vraiment de différence entre un article classique et un article créé avec Gutenberg.

D’autant plus que si votre site est optimisé avec les recommandations de mon collègue Florian, cela devrait encore moins se sentir.

Optimisation du SEO

Les blocs de modules permettent à un créateur de site lamba de bien gérer ses balises <hn>, et ce de deux manières différentes :

  • D’une part, avec la possibilité de toujours accéder au code HTML (soit dans un bloc “paragraphe de texte”, soit dans un module dédié au code directement)
  • D’autre part, avec des blocs dédiés aux titres, intitulés “Heading” ou “Subhead”.

Gutenberg balises titres SEO

Sur la barre de droite de l’interface, on est d’ailleurs agréablement surpris de voir surgir la structure titulaire de la page de manière très claire :

Gutenberg structure SEO

Créez des publications bien structurées avec Gutenberg

Quant aux textes alternatifs de vos images, pas de souci non plus : les blocs d’images générés par Gutenberg vont directement chercher dans la Bibliothèque de Médias les fichiers que vous souhaitez faire apparaître.

Vous avez ainsi directement accès au champ “texte alternatif”, comme d’habitude. Et si vous changez d’avis a posteriori, un seul clic sur l’image suffit à faire apparaître le texte alternatif dans la barre de droite.

Gutenberg SEO textes alternatifs

Responsiveness

Rien à signaler du côté du responsive dans mes tests effectués. Les pages publiées avec Gutenberg s’adaptent bien à tous les formats, quels que soient les blocs utilisés. C’est d’ailleurs le thème que vous avez sélectionné qui régit l’adaptabilité de vos pages : rien de cela ne changera donc avec Gutenberg.

Quelle adaptation aux thèmes et plugins ?

C’est une certitude : tous les thèmes sont par défaut compatibles par Gutenberg.Toutefois, la balle reste dans le camp de leurs développeurs : ce seront à eux de s’adapter pour créer la meilleure interface de création de publications.

En théorie, ils ne devraient pas y voir un challenge démesuré, puisque Gutenberg n’a d’effet que sur le contenu des publications, sans grand changement structurel. En en parlant avec Alex, voici ce qu’il m’a dit, et qui devrait en rassurer plus d’un :

“Je ne me fais pas de souci pour la communauté de dev face à Gutenberg. S’ils le veulent, il pourront optimiser leurs thèmes afin de proposer des options précises. Dans le cas contraire, les options par défaut de Gutenberg seront là.“

C’est d’ailleurs la promesse d’un nouvel eldorado pour ces développeurs que ce nouvel éditeur : tous n’optimiseront pas leurs thèmes actuels pour Gutenberg, et ceux qui le feront sortiront rapidement du lot. Opportunités business en vue !

Gutenberg développeurs opportunités

On vous tiendra bien sûr au courant de ceux qui auront conquis notre coeur.

Du côté des plugins, on verra surgir une même problématique similaire :

  • Les extensions qui génèrent des shortcodes ne verront aucun problème au changement d’éditeur, étant donné que Gutenberg les supporte. Ces plugins devront sans doute créer leurs propres blocs pour bien s’intégrer à ce nouveau paradigme.
  • Les extensions qui créent des options dans les métabox (ces petites boîtes sous l’éditeur WordPress, qui régissent l’ensemble de la page en construction), devront certainement donner un petit coup de bistouri à leurs interfaces, pour s’adapter à Gutenberg. Mais le nouvel éditeur supporte bien ces métabox ! Les plus grands plugins planchent déjà sur le sujet (ou se sont déjà adaptés), comme Yoast SEO, qui a choisi d’en parler avec transparence, pour rassurer les adeptes de sa solution.

Pour les créateurs de sites en général, il va donc falloir garder à l’oeil vos thèmes et extensions préférées, et intégrer leur adaptation à Gutenberg sous WordPress 5.0 dans vos critères de sélection.

Quelle évolutivité ?

Difficile de parler de l’évolutivité d’une solution en cours de développement. À l’heure où j’écris cet article, tout le support se déroule sur GitHub. On y voit des utilisateurs effarés et affairés demander de l’aide à l’équipe technique de Gutenberg, qui ne cesse de fermer des discussions, en renvoyant à d’autres questions posées dans une autre discussion…

Oui, ok, c’est un peu le souk pour l’instant ; mais que celui qui n’a jamais entrepris de grands travaux sans mettre le bazar jette la première pierre à l’équipe de Gutenberg ! Pas de panique, communauté WordPress : on vous écoute, et on vous soutient.

Quel rapport qualité/prix ?

Gutenberg sera intégré par défaut à l’interface WordPress, et restera donc totalement gratuit.

L’équipe de développeurs Gutenberg n’a pour l’instant pas communiqué sur l’idée de créer des add-ons, mais l’écosystème WordPress commence déjà à se frotter les mains à l’idée de proposer des plugins (gratuits, ou payants, d’ailleurs) permettant de mettre en place des blocs spécifiques.

On pense notamment à celui de Maxime BJ de CapitaineWP : Advanced Gutenberg Blocks, qui permet d’ajouter une myriade de blocs supplémentaires comme :

  • Des boites de message ;
  • Des produits WooCommerce ;
  • Des boutons d’ajout au panier ;
  • Des cartes Google Maps ;
  • Des publicités ;
  • Des témoignages ;
  • Des aperçus de sites (le préféré d’Alex).

Toujours à ce propos, vous pouvez aussi regarder du côté des plugins Block Lab ou Cloud Blocks (attention, ce dernier est en version beta jusqu’à la sortie de WordPress 5.0, donc ne l’utilisez pas sur un site en production, pour plus de précaution).

Enfin bref, on vous le dit, Gutenberg est une vraie aubaine pour les dev !

Notre avis final

Alors finalement, on en pense quoi, de cette version préliminaire de Gutenberg ?

Les points forts de Gutenberg

  • Une interface de création qui simplifiera la vie des non-initiés. Parmi ces simplifications, on peut notamment noter le nombre limité de blocs disponibles, qui permet finalement d’apprendre très vite à s’en servir.
  • Un WordPress 5.0 qui s’annonce bien plus compétitif par rapport aux autres CMS. Notre plateforme favorite s’attaque effectivement au marché du WYSIWYG, et compte concurrencer les Wix et autres Squarespace. Un nouveau chapitre prometteur pour les développeurs de thèmes et de plugins.
  • Un éditeur de page gratuit, totalement gratuit, et créé avec la volonté qu’il le reste, pour toujours.
  • Un code en JavaScript, langage qui permet des temps de réponses beaucoup plus rapides. On se trouve donc devant un rendu en front, mais aussi une interface d’administration, beaucoup plus performante.

Les points faibles de Gutenberg

  • Un éditeur encore en cours de construction. Voilà pourquoi on n’a pas tellement envie de lui taper sur les doigts pour l’instant, mais plutôt envie de faire confiance aux équipes de professionnels qui travaillent d’arrache-pied dessus.
  • Une documentation pour l’instant exclusivement dédiée aux professionnels de WordPress anglophones, via GitHub et sur wordpress.org. Une conséquence du premier point ici abordé. Mais on fait confiance à la communauté pour fournir, dès la sortie de Gutenberg, une docu totalement traduite en Français, et bien compréhensible.

Gutenberg : pour qui ?

Bon, soyons clairs : pour l’instant, Gutenberg ne s’adresse qu’à ceux qui souhaitent contribuer à la mise en place d’une interface réellement performante, ou qui aiment simplement observer les changements au jour le jour… autant dire : aux développeurs aguerris, et aux petits curieux comme vous, chers lecteurs.

Mais à terme, s’il tient ses promesses, l’éditeur Gutenberg pourrait bien changer la donne vis-à-vis des créateurs de sites-vitrines, de blogs ou de boutiques e-commerce qui souhaitent lancer leur site seul.

À la clé : une interface plus instinctive, qui permet d’éviter au maximum de coder, et qui permet de visualiser les changements en direct. On verra sans doute également des erreurs très communes, induites par l’éditeur classique, diminuer. Exit, par exemple, les titres de niveau 2 intégrés par souci de taille, mais qui cassent la structure de la page web.

Quant aux développeurs freelance et aux webdesigners, je ne doute pas qu’ils trouveront de nouveaux réflexes face à cet outil, et mettront en place des process fluides avec leurs clients. Dans ma boule de cristal, j’en vois même qui seront heureux de pouvoir créer, de bout en bout, leurs propres modules.

Comme je vous l’ai expliqué au début de cet article, la date de sortie officielle de WordPress 5.0 approche (elle a d’ailleurs été repoussée plusieurs fois). Elle pourrait intervenir avant la fin de l’année 2018, ou début 2019.

La révolution arrive, mais pas besoin de s’affoler : la Marmite vous accompagnera tout au long du déploiement de ce nouvel éditeur.

En attendant, si vous possédez la dernière version en date de WordPress (la 4.9.8.), vous pouvez tester la bestiole directement depuis votre Tableau de bord (sauf si vous avez installé et activé l’éditeur classique). Mais je vous encourage à le faire sur un site de test, on n’est jamais trop prudent.

Autrement, vous avez la possibilité de retrouver Gutenberg sur la page Extensions > Ajouter, ou en la téléchargeant gratuitement ici…

Téléchargez Gutenberg

… et, au besoin, si vous êtes toujours angoissé, n’hésitez pas à reprendre une bonne dose de Tracy Chapman 😊

Alors, que pensez-vous de Gutenberg et de ce que cela augure pour pour le futur de WordPress ? Dites-nous tout en commentaire !