Français, anglais, espagnol, chinois, allemand : que ce soit pour s’adresser à diverses audiences, ou pour être présent à l’international, il arrive que l’on ait besoin de proposer du contenu en plusieurs langues sur notre site.

Un homme est inquiet.
Pas de problème, M’sieur, on va t’aider.

Je pense notamment au secteur du tourisme, pour qui c’est très important.

Mais comment faire un site WordPress multilingue ? Peut-on y parvenir nativement ? Avec des extensions ? Lesquelles seront les plus appropriées ?

Réponses à toutes ces questions dans cet article, histoire de vous orienter dans la bonne direction.

Initialement rédigé en 2016, cet article a été mis à jour pour la dernière fois en octobre 2021.

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Qu’est-ce qu’un site WordPress multilingue ?

Commençons par les bases. On n’a peut-être pas la même conception du « multilingue » alors je vais vous donner ma définition en quelques points.

1 – Le contenu de chaque langue existe sur une URL différente

Une langue par URL.

C’est-à-dire que si vous mettez votre texte français et votre texte espagnol sur une même page, avec une séparation entre les deux, par exemple, ce n’est pas valable.

Il vous faut une page avec le contenu français, et une page avec le contenu espagnol. Et chacune d’entre elles sera accessible sur une URL différente.

2 – Il y a des équivalences de contenus (ou pas)

Les équivalences entre les langues sur un site WordPress multilingue.

Prenons un autre exemple : vous avez une page « À propos ». Celle-ci existera en langue française, mais elle aura peut-être une page équivalente intitulée « Sobre mí » en langue espagnole.

Quoi que… peut-être pas ! Il se peut que vous proposiez des contenus totalement différents pour chaque langue. À ce moment-là, certaines pages n’auront pas d’équivalences.

3 – Il y a des passerelles entre les langues

Passerelles entre les langues d'un site multilingue.

Toujours dans le même exemple, si je suis sur la page « À propos », je dois pouvoir accéder à une option qui me permette de passer en langue espagnole. S’il y a une page équivalente, j’y serai conduit. Sinon, j’atterrirai sur la page d’accueil du site espagnol.

4 – La traduction peut être faite par des humains ou des machines

Et là je vais prendre un parti pris : une traduction humaine sera toujours meilleure (c’est d’ailleurs pour cela que je ne présenterai pas en détail les extensions qui ne font que de la traduction automatique).

Si vous vous adressez à de vraies personnes derrière un ordinateur, elles sauront reconnaître les textes de qualité. Cela influera sur leur comportement de navigation, mais également sur le référencement naturel (SEO, Search Engine Optimization).

5 – Multilingue mais pas forcément multi-pays

En proposant une version anglaise de mon contenu, je ne cible pas pour autant la Grande-Bretagne ou les États-Unis. Je vise tout simplement toutes les personnes anglophones.

Pour des problématiques multi-pays, cela devient plus complexe, puisque l’on va créer des sites différents par pays, même s’ils partagent la même langue.

Ce n’est donc pas un sujet couvert par cet article.

Les bonnes pratiques multilingues

Au-delà de ces « règles », il y a également de bonnes pratiques à respecter pour créer un site multilingue avec WordPress digne de ce nom.

La meilleure structure d’URL multilingue

Tout d’abord, il faudra choisir la structure d’URL (l’adresse d’une page de votre site internet) que vous utiliserez pour distinguer les pays. On discerne 4 options :

  • la query string du style ?lang=fr, qui est à proscrire ;
  • le répertoire où l’on aura par exemple monsite.com/fr/ et monsite.com/en/ ;
  • le sous-domaine avec par exemple fr.monsite.com et en.monsite.com ;
  • les domaines distincts comme monsite.fr et monsite.co.uk.

Si vous êtes sur un projet multi-pays (avec une implantation locale), les noms de domaines différents seront les plus intéressants. Ils permettront de travailler la marque localement et de produire des contenus spécifiques.

Mais à ce moment-là, on peut aussi imaginer que les sites n’aient aucune équivalence entre eux… Chaque antenne locale pourrait avoir son propre site, sans qu’il ne soit question de multilingue.

Par contre, si vous souhaitez proposer du contenu dans plusieurs langues, mais que vous n’êtes pas pour autant implanté à l’étranger, le mieux reste de choisir un nom de domaine générique et non localisé.

Par exemple, un .com sera plus facile à décliner sur plusieurs langues, contrairement à un .fr qui deviendra louche pour un internaute espagnol.

Enlevons la query string (mauvaise pour le référencement) et les noms de domaine distincts, il ne reste plus que deux choix de structure d’URL pour du multilingue classique : la structure en répertoire ou en sous-domaine.

Le choix de l’une ou l’autre de ces deux structures dépendra de votre projet et de vos besoins.

Le plus facile, mais aussi le plus efficace en termes de référencement, sera probablement la structure en répertoire.

Pour info, Google privilégie souvent un sous-répertoire ou un sous-domaine, car le moteur recommande d’utiliser des URL dédiées comprenant un indicateur de langue.

Concernant WPMarmite, maintenant, précisons que sa version anglaise se présente sous ce format : https://wpmarmite.com/en/.

Alex a donc choisi de partir sur une structure d’URL déterminée par le nom du répertoire, en gardant le nom du domaine principal avec un slash langue.

Vous désirez en savoir plus sur le SEO multilingue ? Découvrez des conseils éclairés et les meilleures pratiques pour optimiser votre site dans cet article.

Attention aux sélecteurs de langue

Un site multilingue se reconnaît grâce à un sélecteur de langue – aussi appelé commutateur – que l’on trouvera dans la navigation, en colonne latérale (sidebar), ou en pied de page (footer).

Mais attention, il y a deux petits détails qui peuvent être frustrants pour vos internautes.

Bleu-blanc-rouge ?

Détail n°1 : le drapeau. Rien de tel qu’un indice visuel pour comprendre que l’on peut changer de langue, n’est-ce pas ? Mais autant je veux bien que ce soit intéressant pour du multi-pays, autant pour du multilingue, cela n’a pas autant de sens.

Le site de l’office du tourisme de Paris utilise par exemple un commutateur de langue.
Le site de l’office du tourisme de Paris utilise par exemple un commutateur de langue.

Un Brésilien cliquera-t-il sur un drapeau portugais ? Un Australien sur celui de la Grande-Bretagne ? Un Belge sur un drapeau français ?

Vous l’aurez compris, les drapeaux sont en fait une mauvaise pratique si l’on ne fait pas de multi-pays. Le nom de la langue sera plus approprié.

Do you speak anglais ?

Justement, parlons à présent du détail n°2 : le nom de la langue. Un internaute britannique préférera-t-il naviguer en « anglais », ou en « english » ?

Il y a fort à parier qu’il préférera le nom de sa langue comme il l’appelle tous les jours (« english ») et non comme nous la traduisons, nous. Laissez donc l’appellation dans la langue d’origine.

Les redirections automatiques peuvent poser problème

Pour finir, vous verrez que toutes les extensions présentées dans cet article proposent une option de redirection des internautes dans leur langue de navigation.

C’est-à-dire que le plus souvent, ce seront les réglages de leur navigateur internet qui seront utilisés pour déterminer s’il faut les envoyer sur une langue différente.

Ainsi, un internaute espagnol qui voudrait accéder à un article que vous auriez écrit en anglais se verrait redirigé vers une version dans sa langue, si elle existe.

Tout part d’une bonne intention : on veut proposer à notre internaute le contenu qu’il sera le plus à même de comprendre. Mais il se peut aussi qu’il veuille accéder à une page précise et qu’une redirection l’en empêche.

La seule chose que je peux vous inviter à faire ici, c’est de bien consulter les documentations de chacune des solutions présentées, pour voir comment elles fonctionnent.

Votre cas est probablement différent de celui d’un autre, donc anticipez ce qui serait le mieux pour vos internautes, et activez cette option en conséquence.

On a donc vu les 3 bonnes pratiques à respecter :

  • la meilleure structure d’URL en fonction de votre projet ;
  • les pièges à éviter avec le sélecteur de langue ;
  • et le risque potentiel des redirections par langue.

Passons à la technique, si vous le voulez bien.

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Comment gérer plusieurs langues avec WordPress ?

Nativement, WordPress ne permet pas de faire de multilingue. Il ne répond pas aux exigences 2 et 3 qui sont citées plus haut : on ne peut pas établir d’équivalences ou proposer des passerelles entre contenus de manière automatisée.

Il va donc falloir s’appuyer sur des extensions pour ajouter ces fonctionnalités.

Vous vous demandez également comment faire un site WordPress multilingue sans plugin ? Sachez que c’est bien évidemment possible, mais il faudra mettre les mains dans le cambouis et opter pour du développement sur-mesure. Ce n’est pas vraiment la solution la plus facile et rapide pour un utilisateur non averti, raison pour laquelle je me concentre ici sur les extensions, qui vous simplifieront la vie.

Mais avant de les citer, j’aimerais revenir sur les problématiques multi-pays.

Si vous avez des sites gérés par des équipes différentes pour chaque pays, il vaudra probablement mieux qu’elles aient toutes un nom de domaine et une installation WordPress différente.

C’est ce que l’on appellera des installations « monosite ». Mais on pourrait aussi imaginer une autre approche, si les sites sont gérés par la maison-mère (par exemple) : le multisite.

La distinction monosite / multisite

Le multisite est une fonctionnalité native de WordPress (mais un peu cachée) pour gérer plusieurs sites depuis un même tableau de bord. On va en fait créer un « réseau » de sites et ils partageront la même installation WordPress.

Ainsi, il devient très facile de passer de l’un à l’autre depuis une même interface et on gagne également en efficacité de maintenance.

D’ailleurs, cela veut dire que ces sites vont pouvoir partager les mêmes thèmes et extensions.

Le multisite est donc une piste viable pour faire du multilingue. Mais si on s’arrête là, on n’a toujours pas la gestion des équivalences et des passerelles.

En effet, les contenus de chacune des langues existent sur chaque sous-site mais sans lien entre eux. C’est pour cela que nous ajouterons une extension.

Ceci étant dit, on peut aussi faire du multilingue sur une installation monosite grâce à l’ajout d’extensions. Ainsi, vous pourrez gérer chacune des langues depuis un seul et même site WordPress.

C’est l’extension qui rend possible la coexistence des différentes langues ainsi que la création des équivalences et des passerelles.

Pour mieux comprendre, voici un schéma :

La gestion du multilingue par monosite ou multisite sous WordPress.

Comment est-ce géré techniquement en monosite ?

Si je fais une rapide incursion dans l’aspect technique, c’est parce que toutes les extensions ne fonctionnent pas de la même façon lorsqu’il s’agit de gérer les contenus des autres langues.

Certaines le font au travers des taxonomies, d’autres en créant leurs propres tables dans leur base de données.

Mais le plus important, au-delà de la façon dont c’est géré, c’est que le contenu soit propre si on décide de changer de solution.

Hélas, ce n’est pas le cas avec qTranslate et les extensions qui lui ont succédé comme qTranslate-X par exemple. Plutôt que de stocker les informations ailleurs, elles préfèrent mettre dans un même contenu les différentes langues.

Cela veut dire que si vous désactivez l’extension, vous aurez dans vos articles et pages tous les contenus des différentes langues les uns à la suite des autres. Ce n’est pas propre, c’est pour cela que je ne parlerai pas de cette solution, qui, de toute façon, n’est plus disponible sur le répertoire officiel depuis fin août 2021…

Les autres, en comparaison, tirent partie de l’architecture de WordPress ou mettent leurs données « à côté ». Au moins, vous n’avez pas à reprendre tout votre contenu si vous désactivez le multilingue ou que vous changez de solution.

Dans quelle direction partir pour rendre WordPress multilingue ?

Alors ? Faut-il s’orienter vers le monosite ou le multisite ?

(On mettra volontairement de côté la multiplication des monosites. On sort de la thématique du multilingue.)

Pour trancher, il va falloir se baser sur deux facteurs :

  • la similitude entre vos contenus dans chaque langue ;
  • et le nombre de pages et d’articles que vous comptez écrire.

Par exemple, si vos contenus sont strictement identiques (mais traduits) d’une langue à une autre, vous pourrez faire du monosite sans problème. Mais si vous avez de grandes disparités entre vos sites, le multisite serait probablement plus pratique.

Mais surtout, si vous avez l’intention de faire un webzine en plusieurs langues, cela veut dire que vous aurez à terme des milliers d’articles. Et au bout d’un moment, les performances se dégraderont.

Vaut-il mieux avoir un site de 4 000 articles, ou 4 sites de 1 000 articles ?

Réponse B ! Le découpage des contenus dans des sous-sites différents rendra l’ensemble plus robuste et pérenne.

Donc si vous avez un site vitrine à décliner en plusieurs langues, le monosite sera approprié. Mais si vous lancez un projet éditorial, le multisite sera mieux.

Et en fonction de votre orientation, vous aurez des extensions différentes.

Les extensions monosite

Commençons par les extensions monosite, parce que c’est le cas le plus courant. Nous avons deux challengers qu’il n’est pas facile de départager : WPML et Polylang.

Le « combat » se joue notamment du côté de la propreté du code, pour les puristes, et c’est Polylang qui gagne à ce jeu. Mais cela ne fait pas tout : la compatibilité, la facilité d’utilisation et le prix sont des facteurs tout aussi (voire plus) importants !

Il existe bien d’autres extensions mais ces deux sont incontournables. Il n’est pas nécessaire d’aller voir plus loin.

WPML, le plugin WordPress multilingue le plus populaire (premium)

WPML est le plugin WordPress multilingue le plus populaire.

Lorsque je me suis penché sur les extensions multilingues, dès 2013, c’était la jungle. Il y avait beaucoup de solutions disponibles et le paysage n’était pas aussi clair qu’aujourd’hui.

Mais déjà, à l’époque il y avait un nom qui revenait constamment : WPML.

Si ce plugin est là depuis aussi longtemps, c’est peut-être grâce à son modèle économique : malgré les reproches qu’il a pu recevoir pendant des années, il est toujours là. Les développeurs continuent d’ailleurs de l’améliorer et de proposer du support.

D’ailleurs, je parle de reproches, mais j’aurais pu dire « attaques ». En effet, l’extension avait pour réputation d’être peu compatible avec d’autres thèmes et extensions (liste des thèmes compatibles sur leur site), ou encore de sacrément ralentir la vitesse de chargement des sites.

On lui a aussi mis sur le dos son fonctionnement obsolète, parce qu’elle ajoute ses propres tables au sein de votre base de données, plutôt que de se baser sur les taxonomies de WordPress pour gérer le multilingue.

Si ce mode de fonctionnement est dépassé au moment de mettre à jour cet article, c’était la bonne solution lors de son lancement, car les taxonomies personnalisées n’existaient pas encore.

Pour autant, WPML n’est pas un vilain petit canard et a proposé de nombreuses améliorations au fil des années, à l’image de la sortie de sa version 4.5, en octobre 2021.

Pour ce que WPML considère comme sa mise à jour la plus importante depuis sa création, l’extension est désormais capable de traduire automatiquement et immédiatement tous les contenus de votre site (pages, articles, produits, champs personnalisés etc.) dès que vous les publiez ou les mettez à jour, grâce à sa fonctionnalité « Translate Everything » (« Traduisez tout ») :

Un million de sites déjà au parfum

Au final, WPML reste l’extension la plus utilisée pour faire du multilingue, si l’on se fie aux statistiques d’utilisation fournies par les concepteurs du plugin. Selon eux, « environ un million de sites utilisent WPML ».

L’extension dispose même de 14 add-ons officiels et d’un grand nombre d’extensions non officielles.

La prise en main du plugin ne sera pas facile et il faudra comprendre le rôle de chaque add-on.

Cependant, WPML reste un acteur très solide, puisqu’il est l’un des pionniers sur son marché : il s’est lancé à la fin des années 2000.

Cette expérience vous garantira de pouvoir gérer votre site comme vous l’entendez.

WPML propose trois licences différentes (avec une garantie satisfait-remboursé de 30 jours) :

  • la licence annuelle pour gérer un blog multilingue coûte 39 $ (environ 33 €) ;
  • la licence annuelle pour gérer jusqu’à 3 sites WordPress coûte 99 $ (environ 85 €) ;
  • la licence annuelle pour les agences qui souhaitent gérer un nombre de sites illimité coûte 199 $ (environ 171 €).

D’ailleurs, le passage d’une offre à une autre ne vous coûtera que la différence.

Les 3 licences proposées par WPML.
Les 3 licences proposées par WPML

La licence Blog multilingue est la moins fournie en options, car elle ne permet pas de traduire des sites e-commerce, les champs personnalisés, les widgets, les textes dans l’admin des thèmes et des plugins, etc.

Personnellement, je vous invite à commencer par la licence « CMS » à 99 $ (environ 85 €), beaucoup plus complète, avec notamment la présence de l’add-on « String Translation », que je trouve tellement pratique.

Grâce à lui, vous pourrez traduire les chaînes de traduction de votre site, c’est-à-dire les « textes qui ne sont pas dans les publications, les pages ni la taxonomie », indique WPML (ex : slogan du site, titres des widgets, etc.).

Polylang, le challenger français (freemium)

Polylang permet de rendre WordPress multilingue.

Polylang, dont le développement a commencé en 2008, n’a pas connu le même succès. Il lui a fallu beaucoup plus de temps pour se faire connaître, mais il a ensuite su faire de l’ombre à WPML, notamment parce qu’il était gratuit.

L’extension est ensuite passée sur un modèle freemium, mais avec une partie gratuite déjà très conséquente.

En fait, c’est un peu le combat de David contre Goliath (WPML) si l’on s’en tient aux chiffres et au succès commercial. Mais Frédéric Demarle, le développeur français (cocorico !), n’a vraiment pas à rougir.

Avec plus de 600 000 installations actives, Polylang est une extension qui tient ses promesses.

Elle vient gérer les contenus multilingues proprement, en se basant notamment sur le système de taxonomies de WordPress pour localiser vos contenus.

Et pour ne rien gâcher au plaisir, elle dispose d’une interface plus simple à prendre en main que celle de WPML, et en français, s’il vous plaît.

L’un des avantages de Polylang, c’est que vous pouvez probablement vous contenter de la version gratuite de l’extension. Et dans le pire des cas, si jamais elle ne vous satisfaisait pas, vous pouvez toujours envisager la version premium, ou le passage à une autre solution.

D’ailleurs, le prix des licences est plus élevé que chez WPML. Si vous désirez bénéficier de fonctionnalités plus avancées, il faudra opter pour Polylang Pro.

Les tarifs des licences annuelles varient en fonction du nombre de sites sur lesquels vous souhaitez vous servir de Polylang Pro :

  • 99 € pour un site ;
  • 198 € pour 3 sites ;
  • 297 € pour 5 sites ;
  • 495 € pour 25 sites.

Allez d’abord vérifier que les fonctionnalités « pro » ont du sens pour vous en regardant le comparatif sur cette page.

Pour ma part, je trouve que les fonctionnalités pro sont vite nécessaires dès qu’on est pointilleux (en tout cas, moi je le suis). Et à ce moment-là, on arrive sur des licences plus chères que WPML, surtout si l’on doit gérer plusieurs sites.

Les développeurs protesteront en me disant que la documentation est riche et qu’on peut faire énormément de choses grâce aux fonctions et aux hooks (d’ailleurs Willy Bahuaud en donne quelques-uns sur WPChannel).

Télécharger l’extension Polylang :

Polylang vous fait de l’œil ? Apprenez à le paramétrer comme un pro en consultant notre guide dédié.

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Quelle extension choisir en monosite ?

Grâce à la formule gratuite de Polylang, il est facile de « tâter le terrain ». C’est d’ailleurs ce que je vous invite à faire : testez-la pour voir si elle est compatible avec votre projet.

Si c’est le cas, ne touchez plus à rien ! Sinon, regardez si ses add-ons ou sa version pro ne pourraient pas vous aider.

Et si cela ne suffit toujours pas, je vous invite à laisser sa chance à WPML, tout en lui ajoutant ses add-ons officiels si nécessaire.

Polylang et WPML sont deux solutions de premier choix. Cependant, si vous souhaitez creuser le sujet, il existe d’autres extensions pouvant rendre WordPress multilingue, à l’image de TranslatePress.

L’extension WordPress multisite incontournable : MultilingualPress (premium)

L'extension WordPress multisite MultilingualPress.

Dès lors que votre projet multilingue sera ambitieux, le recours à une installation multisite deviendra intéressant. À ce moment-là, il y a une extension qui rendra les équivalences et les passerelles possibles : il s’agit de MultilingualPress.

Lancée en 2011, MultilingualPress est recommandée par plusieurs experts, dont les équipes de Yoast SEO et de WooCommerce. Il faut dire que c’est du solide.

Sa principale force est de vous permettre de traduire vos contenus sans même avoir à changer de site.

Mais ça ne s’arrête pas là. Elle cumule aussi plusieurs avantages bienvenus : 

  • l’extension prend soin de la vitesse de chargement de vos pages, en ne chargeant qu’une langue par site (au lieu de charger toutes les langues) ;
  • chaque langue peut disposer de son propre design, de fonctionnalités et d’extensions différentes. C’est à vous de décider ;
  • elle est compatible avec les constructeurs de page, en particulier Elementor et Beaver Builder ;
  • elle est optimisée pour WooCommerce.

Vous pourrez également dupliquer des sous-sites entiers le jour où vous souhaiterez ajouter une nouvelle langue. Les fonctionnalités sont vraiment intéressantes et pratiques.

Mais cela reste du multisite avec une lourdeur d’administration à laquelle vous ne pourrez pas échapper.

Cela veut aussi dire qu’il faudra vérifier les licences de vos thèmes et extensions puisque chaque sous-site comptera comme un site.

Côté tarifs, vous n’aurez pas vraiment le choix : il faudra payer pour utiliser MultilingualPress, qui ne propose plus de version gratuite.

3 licences sont proposées :

  • la licence Standard (1 réseau multisite, 3 langues) coûte 99 $ (environ 85 €) ;
  • la licence Pro (3 réseaux multisite, 6 langues) coûte 299 $ (environ 257 €) ;
  • la licence Agency (9 réseaux multisite, 18 langues) coûte 599 $ (environ 514 €).
Tarifs de MultinlingualPress.

Vous l’avez compris, le choix entre telle ou telle licence se fera en fonction de 2 critères majeurs, qui font grimper les prix : le nombre de langues à créer, et de réseaux multisites à gérer. Plus vous en aurez, plus ce sera cher.

Si vous préférez une extension gratuite seulement, vous pouvez essayer Multisite Language Switcher (non testée). En fonction de vos besoins, elle pourrait suffire pour des réglages ponctuels, mais gardez à l’esprit qu’elle reste beaucoup moins riche en options que MultilingualPress.

Weglot, une approche totalement différente (freemium)

Weglot est un produit freemium pour rendre WordPress multilingue.

Et si on réinventait le multilingue ? C’est l’idée qu’ont eue Augustin Prot et Rémy Berda (deux Français, là encore) lorsqu’ils ont lancé Weglot. Et il faut dire que leur approche est tellement radicale que l’on sort totalement des distinctions monosite / multisite.

En fait, ils n’ont même pas imaginé Weglot pour WordPress à la base. Leur technologie s’appuie sur un script qui vient traduire les pages de votre site, sans qu’elles n’apparaissent pour autant dans l’interface de votre site.

Leur service est basé dans le cloud, mais ils proposent quand même une extension gratuite sur le répertoire officiel, Weglot Translate, qui vous permet de traduire depuis votre tableau de bord WordPress.

Si le plugin est gratuit pour les petits sites web, il comporte des limitations. Vous ne pouvez traduire que 2 000 mots au maximum, et choisir une seule langue de traduction.

Pour le reste, tout se passe dans leur interface où vous aurez automatiquement une traduction machine de disponible.

Là, ça devient beaucoup plus intéressant. Vous pouvez choisir les pages à traduire et n’êtes pas obligé de traduire tout le site.

Même si vous devrez repasser manuellement sur les traductions pour un rendu au poil, le côté automatique vous fera gagner un temps précieux.

L'interface de Weglot.
L’interface de Weglot

Parce que oui, leur parti pris est que les traductions automatiques sont à un niveau de qualité tel, qu’elles peuvent servir de base pour votre site. Si une validation humaine reste nécessaire, disons que le travail est prémâché.

D’ailleurs avec eux, vous n’aurez pas à vous soucier des incompatibilités avec vos thèmes ou extensions : il n’y en aura pas ! Leur solution vient récupérer toutes les phrases qui apparaissent sur votre page et les traduisent à la volée.

Toutes les traductions sont mises à jour en temps réel, et chaque nouveau contenu est automatiquement traduit.

Franchement, je pense que leur solution ne conviendra pas à tous les besoins. Mais si vous souhaitez avoir des versions identiques de votre site en plusieurs langues sans vous soucier des éventuels problèmes techniques, foncez.

Vous pourrez ainsi traduire votre site avec une facilité déconcertante… tant que vous entrez dans leur moule.

Par contre, cette facilité a un coût et ce sera sous forme d’abonnement. Mais vous avez tout de même la possibilité de tester leur service gratuitement pendant 10 jours pour vous faire un avis.

Il y a ensuite plusieurs offres (annuelles ou mensuelles) :

  • Starter (99 €/an), pour traduire votre site dans une langue dans la limite de 10 000 mots ;
  • Business (190 €/an), pour traduire votre site dans 3 langues dans la limite de 50 000 mots ;
  • Pro (490 €/an), pour traduire votre site dans 5 langues, dans la limite de 200 000 mots ;
  • Advanced (1 990 €/an), pour traduire votre site dans 10 langues, dans la limite d’un million de mots ;
  • Enterprise (4 990 €/an), pour un usage illimité.

Télécharger l’extension Weglot :

Au-delà de Weglot, il existe d’autres extensions/services de traduction automatique : 

Et le e-commerce dans tout ça ?

Aïe, on arrive à un point sensible.

Parce que oui, si vous lancez des versions traduites de votre site, c’est peut-être pour vendre vos produits. Or, encore une fois, cela devient beaucoup plus complexe.

Chacune des solutions citées va plus ou moins bien marcher avec WooCommerce. Voici l’état des lieux :

  • WPML a un add-on pour WooCommerce (appelé WooCommerce Multilingual), auquel vous avez automatiquement accès en vous procurant la Licence « CMS Multilingue » ou « Agence Multilingue ». Il permet de traduire vos produits, catégories, attributs et même d’aller jusqu’au multidevise. Ce qui peut se révéler très pratique dans certains cas ;
  • Polylang propose lui aussi son extension maison Polylang for WooCommerce (99 €/an pour une utilisation sur 1 site). Elle fonctionne aussi bien avec la version gratuite que payante du plugin, et permet entre autres de traduire les produits, catégories, étiquettes et attributs globaux de votre boutique en ligne ;
  • MultilingualPress n’aura aucun souci pour gérer WooCommerce sur chacun des sous-sites. Mais cela veut dire que vous ne gérez pas une boutique mais plusieurs… Quid de la gestion des stocks ? Ce ne sera pas possible ;
  • Et Weglot fait fi de tout problème : vous ne gérez qu’une seule boutique dont les textes sont traduits à la volée. Vous n’avez donc qu’à vous soucier de la configuration de WooCommerce pour pallier tous les cas de paiement et de livraison inhérents au commerce international.

Besoin d’apprendre à paramétrer votre boutique WooCommerce pour partir du bon pied avant de passer votre boutique WordPress en multilingue ?
Consultez ce tutoriel vidéo pas à pas concocté par votre chef cuistot Alex :

Conclusion : votre projet est unique

J’aimerais vous orienter vers la bonne solution tout de suite, vraiment. Mais comme dans le e-commerce, votre projet est probablement différent de celui du voisin.

C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a autant de solutions différentes pour le multilingue.

Ensuite, faites des tests poussés sur votre site. Vérifiez chaque phrase, chaque widget, chaque scénario de navigation. Changez également la langue de votre navigateur pour tester les redirections automatiques. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez voir les limites de chacune des solutions.

Pour finir, si pour une raison ou une autre, vous devez changer d’extension, sachez qu’il existe des plugins de migration pour à peu près toutes les solutions, dont voici deux exemples :

Plutôt que de recommencer à zéro, vous pourrez continuer votre travail facilement !

Veillez tout de même à faire une sauvegarde de votre site avant de vous lancer. On ne sait jamais.

Et vous, quelle est votre solution préférée pour rendre WordPress multilingue ? Pourquoi ? La conversation continue en commentaire !