Par Nicolas Richer le 1 juillet 2016 • 264 commentaires

Il arrive que l’on ait besoin de proposer du contenu en plusieurs langues sur notre site. Que ce soit pour s’adresser à diverses audiences ou pour être présent à l’international. Je pense notamment au secteur du tourisme, pour qui c’est très important.

Mais comment faire un site multilingue avec WordPress ? Peut-on le faire nativement ? Avec des extensions ? Lesquelles seront les plus appropriées ?

Je vais tenter de répondre à ces questions et de vous orienter dans la bonne direction.

Qu’est-ce qu’un site multilingue ?

Eh oui, commençons par les bases. On n’a peut-être pas la même conception du « multilingue » alors je vais prendre le temps de vous donner ma définition en quelques points.

1 – Le contenu de chaque langue existe sur une URL différente

Une langue par URL
C’est à dire que si vous mettez votre texte français et votre texte espagnol sur une même page avec une séparation entre les deux, par exemple, ce n’est pas valable.

Il vous faut une page avec le contenu français et une page avec le contenu espagnol. Et chacune d’entre elle sera accessible par une URL différente.

2 – Il y a des équivalences de contenus (ou pas)

Les équivalences entre des contenus multilingues
Prenons un autre exemple : vous avez une page « À propos ». Celle-ci existera en langue française mais elle aura peut-être une page équivalente intitulée « Acerca de » en langue espagnole.

Quoi que… peut-être pas ! Il se peut que vous proposiez des contenus totalement différents pour chaque langue. À ce moment-là, certaines pages n’auront pas d’équivalences.

3 – Il y a des passerelles entre les langues

Passerelles entre les langues d'un site multilingue

Toujours dans le même exemple, si je suis sur la page « À propos », je dois pouvoir accéder à une option qui me permette de passer en langue espagnole. S’il y a une page équivalente, j’y serai conduit. Sinon j’atterrirai sur la page d’accueil du site espagnol.

4 – La traduction peut être faite par des humains ou des machines

Et là je vais prendre un parti-pris : une traduction humaine sera toujours meilleure (c’est d’ailleurs pour cela que je ne présenterai pas les extensions qui ne font que de la traduction automatique).

Si vous vous adressez à de vraies personnes derrière un ordinateur, elles sauront reconnaître les textes de qualité. Cela influera sur leur comportement de navigation mais également sur le référencement.

5 – Multilingue mais pas forcément multi-pays

En proposant une version anglaise de mon contenu, je ne cible pas pour autant la Grande-Bretagne ou les États-Unis. Je vise tout simplement toutes les personnes anglophones.

Pour des problématiques multi-pays, cela devient plus complexe puisque l’on va créer des sites différents par pays, même s’ils partagent la même langue.

Ce n’est donc pas un sujet couvert par cet article.

Les bonnes pratiques multilingues

Au delà de ces « règles », il y a également de bonnes pratiques à respecter pour faire un site multilingue digne de ce nom.

La meilleure structure d’URL multilingue

Tout d’abord, il faudra choisir la structure d’URL que vous utiliserez pour distinguer les pays. On discerne 4 options :

  • La query string du style ?lang=fr, qui est à proscrire ;
  • Le répertoire où l’on aura par exemple monsite.com/fr/ et monsite.com/en/ ;
  • Le sous-domaine avec par exemple fr.monsite.com et en.monsite.com ;
  • Les domaines distincts comme monsite.fr et monsite.co.uk.

Si vous êtes sur un projet multi-pays (avec une implantation locale), les noms de domaines différents seront les plus intéressants. Ils permettront de travailler la marque localement et de produire des contenus spécifiques.

Mais à ce moment-là, on peut aussi imaginer que les sites n’aient aucune équivalence entre eux… Chaque antenne locale pourrait avoir son propre site, sans qu’il ne soit question de multilingue.

Par contre, si vous souhaitez proposer du contenu dans plusieurs langues mais que vous n’êtes pas pour autant implanté à l’étranger, le mieux reste de choisir un nom de domaine générique et non localisé.

Par exemple, un .com sera plus facile à décliner sur plusieurs langues, contrairement à un .fr qui deviendra louche pour un internaute espagnol.

Enlevons la query-string (mauvaise pour le référencement) et les noms de domaine distincts, il ne reste plus que deux choix de structure d’URL pour du multilingue classique : la structure en répertoire ou en sous-domaine.

La plus facile, mais aussi la plus efficace en terme de référencement, sera la structure en répertoire.

D’ailleurs, si vous souhaitez voir les avantages et les inconvénients de toutes ces configurations, je vous invite à lire cet article (en anglais).

Attention aux sélecteurs de langue

Un site multilingue se reconnaît grâce à un sélecteur de langue que l’on trouvera dans la navigation, en colonne latérale ou en pied de page. Mais attention, il y a deux petits détails qui peuvent être frustrants pour vos internautes.

Bleu-banc-rouge ?

Il s’agit du drapeau dans un premier temps. Rien de tel qu’un indice visuel pour comprendre qu’on peut changer de langue, n’est-ce pas ? Mais autant je veux bien que ce soit intéressant pour du multi-pays, autant pour du multilingue cela n’a pas autant de sens.

Un brésilien cliquera-t-il sur un drapeau portugais ? Un australien sur celui de la Grande-Bretagne ? Un belge sur un drapeau français ?

Vous l’aurez compris, les drapeaux sont en fait une mauvaise pratique si l’on ne fait pas de multi-pays. Le nom de la langue sera plus approprié.

Do you speak anglais ?

Justement parlons-en du nom de la langue. Un internaute britannique préférera-t-il naviguer en « anglais » ou en « english » ?

Il y a fort à parier qu’il préférera le nom de sa langue comme il l’appelle tous les jours (« english ») et non comme nous le traduisons, nous. Laissez donc l’appellation dans la langue d’origine.

Les redirections automatiques peuvent poser problème

Pour finir, vous verrez que toutes les extensions proposent une option de redirection des internautes dans leur langue de navigation. C’est à dire que le plus souvent ce seront les réglages de leur navigateur Internet qui seront utilisés pour déterminer s’il faut les envoyer sur une langue différente.

Ainsi, un internaute espagnol qui voudrait accéder à un article que vous auriez écrit en anglais se verrait redirigé vers une version dans sa langue, si elle existe.

Tout part d’une bonne intention : on veut proposer à notre internaute le contenu qu’il sera le plus à même de comprendre. Mais il se peut aussi qu’il veuille accéder à une page précise et qu’une redirection l’en empêche.

La seule chose que je peux vous inviter à faire ici, c’est de bien consulter les documentations de chacune des solutions présentées, pour voir comment elles fonctionnent.

Votre cas est probablement différent de celui d’un autre, donc anticipez ce qui serait le mieux pour vos internautes et activez cette option en conséquence.

On a donc vu les 3 bonnes pratiques à respecter :

  • la meilleure structure d’URL en fonction de votre projet ;
  • les pièges à éviter avec le sélecteur de langue ;
  • et le risque potentiel des redirections par langues.

Passons à la technique, si vous le voulez bien.

Comment gérer plusieurs langues avec WordPress ?

Nativement, WordPress ne permet pas de faire de multilingue. Il ne répond pas aux exigences 2 et 3 qui sont citées plus haut : on ne peut pas établir d’équivalences ou proposer des passerelles entre contenus de manière automatisée.

Il va donc falloir s’appuyer sur des extensions pour ajouter ces fonctionnalités. Mais avant de les citer, j’aimerais revenir sur les problématiques multi-pays.

Si vous avez des sites gérés par des équipes différentes pour chaque pays, il vaudra probablement mieux qu’elles aient toutes un nom de domaine et une installation WordPress différente.

C’est ce que l’on appellera des installations « monosite ». Mais on pourrait aussi imaginer une autre approche, si les sites sont gérés par la maison-mère (par exemple) : le multisite.

La distinction monosite / multisite

Le multisite est une fonctionnalité native de WordPress (mais un peu cachée) pour gérer plusieurs sites depuis un même tableau de bord. On va en fait créer un « réseau » de sites et ils partageront la même installation WordPress.

Ainsi, il devient très facile de passer de l’un à l’autre depuis une même interface et on gagne également en efficacité de maintenance.

D’ailleurs, cela veut dire que ces sites vont pouvoir partager les mêmes thèmes et extensions.

Si vous avez un modèle que vous souhaitez reproduire sur d’autres pays, c’est la configuration parfaite.

Le multisite est donc une piste viable pour faire du multilingue. Mais si on s’arrête là, on n’a toujours pas la gestion des équivalences et des passerelles. En effet, les contenus de chacune des langues existent sur chaque sous-site mais sans lien entre eux. C’est pour cela que nous ajouterons une extension.

Ceci étant dit, on peut aussi faire du multilingue sur une installation monosite grâce à l’ajout d’extensions. Ainsi, vous pourrez gérer chacune des langues depuis un seul et même site WordPress.

C’est l’extension qui rend possible la coexistence des différentes langues ainsi que la création des équivalences et des passerelles.

Pour mieux comprendre, voici un schéma :

La gestion du multilingue par monosite ou multisite sous WordPress

Comment est-ce géré techniquement en monosite ?

Si je fais une rapide incursion dans l’aspect technique, c’est parce que toutes les extensions ne fonctionnent pas de la même façon lorsqu’il s’agit de gérer les contenus des autres langues.

Certaines le font au travers des taxinomies, d’autres en créant leurs propres tables mais le plus important, au delà de la façon dont c’est géré, c’est que le contenu soit propre si on décide de changer de solution.

Hélas, ce n’est pas le cas avec qTranslate et les extensions qui lui ont succédé comme qTranslate-X par exemple. Plutôt que de stocker les informations ailleurs, elles préfèrent mettre dans un même contenu les différentes langues.

Cela veut dire que si vous désactivez l’extension, vous aurez dans vos articles et pages tous les contenus des différentes langues les uns à la suite des autres. Ce n’est pas propre, c’est pour cela que je ne parlerai pas de cette solution.

Les autres, en comparaison, tirent partie de l’architecture de WordPress ou mettent leurs données « à côté ». Au moins, vous n’avez pas à reprendre tout votre contenu si vous désactivez le multilingue ou que vous changez de solution.

Dans quelle direction partir ?

Alors ? Faut-il s’orienter vers le monosite ou le multisite ?

(On mettra volontairement de côté la multiplication des monosites. On sort de la thématique du multilingue.)

Pour trancher, il va falloir se baser sur deux facteurs :

  • La similitude entre vos contenus dans chaque langue ;
  • Et le nombre de pages et d’articles que vous comptez écrire.

Par exemple si vos contenus sont strictement identiques (mais traduits) d’une langue à une autre, vous pourrez faire du monosite sans problème. Mais si vous en venez à avoir de grandes disparités entre vos sites, le multisite serait probablement plus pratique.

Mais surtout, si vous avez l’intention de faire un webzine en plusieurs langues, cela veut dire que vous aurez à terme des milliers d’articles. Et au bout d’un moment, les performances se dégraderont.

Vaut-il mieux avoir un site de 4000 articles ou 4 sites avec 1000 articles ?

Réponse B !

Le découpage des contenus dans des sous-sites différents rendra l’ensemble plus robuste et pérenne.

Donc si vous avez un site vitrine à décliner en plusieurs langues, le monosite sera approprié. Mais si vous lancez un projet éditorial, le multisite sera mieux.

Et en fonction de votre orientation, vous aurez des extensions différentes.

Les extensions monosite

Commençons par les extensions monosite, parce que c’est le cas le plus courant. Nous avons deux challengers qu’il n’est pas facile de départager : WPML et Polylang.

Le « combat » se joue notamment du côté de la propreté du code, pour les puristes, et c’est Polylang qui gagne à ce jeu. Mais cela ne fait pas tout : la compatibilité, la facilité d’utilisation et le prix sont des facteurs tout aussi (voire plus) importants !

Il existe bien d’autres extensions mais ces deux sont incontournables. Il n’est pas nécessaire d’aller voir plus loin.

WPML, la référence du multilingue (premium)

WPML, l'extension multilingue

Lorsque je me suis penché sur les extensions multilingues début 2013, c’était la jungle. Il y avait beaucoup de solutions disponibles et le paysage n’était pas aussi clair qu’aujourd’hui.

Mais déjà à l’époque il y avait un nom qui revenait constamment : WPML.

Contrairement aux autres extensions, c’est la seule à être payante dès le début. Si vous souhaitez l’essayer sans mettre la main à la poche, ce ne sera pas possible (mais il y a une garantie satisfait-remboursé de 30 jours au pire).

Si ce plugin est là depuis aussi longtemps, c’est peut-être grâce à son modèle économique : malgré les reproches qu’il a pu recevoir pendant des années, il est toujours là. Les développeurs continuent d’ailleurs de l’améliorer et de proposer du support.

D’ailleurs je parle de reproches mais j’aurais pu dire « attaques ». En effet, l’extension avait pour réputation d’être peu compatible avec d’autres thèmes et extensions ou encore de sacrément ralentir la vitesse de chargement des sites.

Depuis, il y a eu de nombreuses améliorations mais on sent quand même que ça a laissé des traces. On peut par exemple retrouver sur leur site la liste des thèmes compatibles.

D’ailleurs, vous trouverez régulièrement la mention « WPML-ready » lors de vos recherches de thèmes et ce n’est pas pour rien. Disons qu’ils ont imposé leur façon de faire et c’est aux créateurs de thèmes de s’y plier.

Au final, WPML reste quand même l’extension la plus utilisée pour faire du multilingue, si l’on peut se fier aux 400 000 sites qui l’utiliseraient. Elle dispose même de 7 add-ons officiels et d’un grand nombre d’extensions non officielles.

Si vous recherchez une solution éprouvée (et bien plus stable qu’auparavant), je pense que c’est la solution qu’il faut choisir.

La prise en main ne sera pas facile et il faudra comprendre le rôle de chaque add-on… mais avec autant d’années d’existence, vous serez sûr de pouvoir gérer votre site comme vous l’entendez.

WPML propose trois licences différentes :

  • La licence annuelle pour gérer un blog multilingue coûte 29$ ;
  • La licence annuelle pour gérer jusqu’à 3 sites WordPress coûte 79$ ;
  • La licence annuelle pour les agences qui souhaitent gérer un nombre de sites illimité coûte 159$.

D’ailleurs, le passage d’une offre à une autre ne vous coûtera que la différence.

Personnellement, je trouve l’add-on « String Translation » tellement pratique que je ne peux que vous inviter à commencer par la licence « CMS » à 79$. Et si cela vous convient, vous pourrez passer à l’offre à vie par la suite.

Découvrez WPML

Les liens pointant vers WPML sont affiliés, c’est à dire qu’une commission me sera rétribuée si vous achetez une licence. Mais soyez sûr d’une chose : j’ai utilisé et j’utilise moi-même WPML sur les petits projets multilingues que l’on me confie. Si je vous recommande cette extension, c’est parce que je suis convaincu qu’elle vous aidera à faire un site multilingue de qualité.

Polylang, le challenger français (freemium)

Polylang, l'extension multilingue

Polylang, dont le développement a commencé à 2008, n’a pas connu le même succès. Il lui a fallu beaucoup plus de temps pour se faire connaître mais il a ensuite su faire de l’ombre à WPML, notamment parce qu’il était gratuit.

L’extension est maintenant passée sur un modèle freemium mais avec une partie gratuite déjà très conséquente.

En fait c’est un peu le combat de David contre Goliath si l’on s’en tient au chiffre et au succès commercial. Mais Frédéric Demarle, le développeur français (cocorico !), n’a vraiment pas à rougir. Avec plus de 100 000 installations actives, Polylang est une extension qui tient ses promesses.

Elle vient gérer les contenus multilingues proprement et avec une interface plus propre que WPML. Cependant, il y a parfois certaines incompatibilités. Comme toujours en fait.

Mais l’avantage c’est que vous pouvez probablement vous contenter de la version gratuite de l’extension. Et dans le pire des cas, si jamais elle ne venait à ne pas vous satisfaire, vous pourriez toujours envisager la version premium ou le passage à une autre solution.

D’ailleurs, le prix des licences est plus élevé que chez WPML : Il vous faudra compter sur une licence annuelle de 99€ pour 1 site, 198 € pour 3 sites et 297 € pour 5 sites.

Allez d’abord vérifier que les fonctionnalités « pro » ont du sens pour vous en regardant le comparatif sur cette page.

Pour ma part, je trouve que les fonctionnalités pro sont vite nécessaires dès qu’on est pointilleux (en tout cas moi je le suis). Et à ce moment-là, on arrive sur des licences bien plus chères que WPML, surtout si l’on doit gérer plusieurs sites.

Les développeurs protesteront en me disant que la documentation est riche et qu’on peut faire énormément de choses grâce aux fonctions et aux hooks (d’ailleurs Willy Bahuaud en donne pas mal sur WPChannel). Mais pour le commun des mortels (dont je fais partie), on ne sera pas en mesure de faire tout ce que l’on veut.

Découvrez Polylang (site officiel)

ou regardez l’extension gratuite sur le répertoire WordPress

Quelle extension choisir en monosite ?

Grâce à la formule gratuite de Polylang, il est facile de « tâter le terrain ». C’est d’ailleurs ce que je vous invite à faire : testez-le pour voir s’il est compatible avec votre projet.

Si c’est le cas, ne touchez plus à rien ! Sinon, regardez si ses add-ons ou la version pro ne pourraient pas vous aider.

Et si cela ne suffit toujours pas, je vous invite à laisser sa chance à WPML, tout en lui ajoutant ses add-ons officiels si nécessaire.

L’extension multisite incontournable : MultilingualPress (gratuite)

MultilingualPress, l'extension multilingue multisite

Dès lors que votre projet multilingue sera ambitieux, le recours à une installation multisite deviendra intéressant. À ce moment-là, il y a une extension qui rendra les équivalences et les passerelles possibles : il s’agit de MultilingualPress.

Autrefois sur un modèle freemium, avec une version gratuite pas tout le temps suffisante, il n’y a maintenant plus que le support qui est payant. C’est à dire que depuis l’été 2015, vous avez accès à toutes les fonctionnalités sans payer.

Partez donc du principe que c’est une extension gratuite mais avec un support limité. Et puisqu’elle se base énormément sur les fonctionnalités natives de WordPress, autant vous dire que le risque de devoir crier à l’aide est très faible.

Sa principale force est de vous permettre de traduire vos contenus sans même avoir à changer de site.

Vous pourrez également dupliquer des sous-sites entiers le jour où vous souhaiterez ajouter une nouvelle langue. Les fonctionnalités sont vraiment intéressantes et pratiques.

Mais cela reste du multisite avec une lourdeur d’administration à laquelle vous ne pourrez pas échapper. Cela veut aussi dire qu’il faudra vérifier les licences de vos thèmes et extensions puisque chaque sous-site comptera comme un site.

Toujours en parlant de lourdeur, il y a quelque chose qui sera gênant : c’est l’envoi de vos médias dans chacun des sous-sites, si vous dupliquez votre contenu.

Eh bien avec l’ajout de Network Shared Media, vous vous faciliterez la vie !

Malgré que l’extension ne soit que peu utilisée et mise à jour, j’ai pu la faire fonctionner sans problème de mon côté. En collaboration avec MultilingualPress pour gérer les images mises en avant, vous n’aurez plus de problème !

Découvrez MultilingualPress (site officiel)

ou regardez l’extension gratuite sur le répertoire WordPress

WeGlot, une approche totalement différente (freemium)

WeGlot, multilingue en SaaS

Et si on réinventait le multilingue ? C’est l’idée qu’ont eu Augustin Prot et Rémy Berda (deux français, là encore) lorsqu’ils ont lancé WeGlot. Et il faut dire que leur approche est tellement radicale que l’on sort totalement des distinctions monosite / multisite.

En fait, ils n’ont même pas imaginé WeGlot pour WordPress à la base. Leur technologie s’appuie sur un script qui vient traduire les pages de votre site, sans qu’elles n’apparaissent pour autant dans l’interface de votre site.

Je vais même dire qu’ils ne font pas du monosite ou du multisite, ils font du multilingue « miroir ». Je vous parlais précédemment des variations qui pouvaient exister dans les contenus d’une langue à une autre. Eh bien avec WeGlot ce sera du tout ou rien :

  • Soit une page est traduite ;
  • Soit elle ne l’est pas du tout.

Il n’y aura pas de demie-mesure. C’est pour cela que si vous souhaitez avoir des versions totalement identiques de votre site en plusieurs langues, leur solution sera très intéressante. Mais si ce n’est pas le cas, passez votre chemin.

Vous ne pourrez gérer qu’une seule langue depuis WordPress : votre langue principale. Ensuite, tout le reste se passe dans leur interface où vous aurez automatiquement une traduction machine de disponible.

Interface de traduction de WeGlot

Parce que oui, leur parti-pris est que les traductions automatiques sont à un niveau de qualité tel, qu’elles peuvent servir de base pour votre site. Une validation humaine reste cependant nécessaire mais disons que le travail est prémâché.

D’ailleurs avec eux, vous n’aurez pas à vous soucier des incompatibilités avec vos thèmes ou extensions : il n’y en aura pas ! Leur solution vient récupérer toutes les phrases qui apparaissent sur votre page et les traduisent à la volée.

Franchement, je pense que leur solution ne conviendra pas à tous les besoins. Mais si vous souhaitez avoir des versions identiques de votre site en plusieurs langues sans vous soucier des éventuels problèmes techniques, foncez.

Vous pourrez ainsi traduire votre site avec une facilité déconcertante… tant que vous entrez dans leur moule.

Par contre cette facilité a un coût et ce sera sous forme d’abonnement. Mais vous avez tout de même la possibilité de tester leur service gratuitement pendant 10 jours pour vous faire un avis.

Il y a ensuite plusieurs offres (annuelles ou mensuelles) :

  • Celle à 79€ / an vous permettra de traduire votre site dans une langue dans la limite de 20 000 mots ;
  • Celle à 150 € / an lèvera toute limite de langues ou de mots, tant qu’il n’est question que d’un site ;
  • Et pour 290 € / an, vous pourrez utiliser leur service en illimité sur 3 sites différents.

Mais en plus de ça, la Marmite vous propose 10% de réduction avec le code promo MARMITE10.

Découvrez WeGlot (site officiel)

ou regardez l’extension gratuite sur le répertoire WordPress

En toute transparence, nous toucherons également une petite commission si vous souscrivez à un abonnement WeGlot. Mais si on vous recommande cette solution, c’est parce que leur service est réellement innovant et qu’il vous fera gagner un temps monstre, tant que leurs partis-pris vous conviennent.

Et le e-commerce dans tout ça ?

Aïe, on arrive à un point sensible.

Parce que oui, si vous lancez des versions traduites de votre site, c’est peut-être pour vendre vos produits. Or, encore une fois, cela devient beaucoup plus complexe.

Chacune des solutions que je vous ai cité vont plus ou moins bien marcher avec WooCommerce. Voici l’était des lieux :

  • WPML a un add-on pour WooCommerce (disponible dès la licence « CMS ») qui permet même d’aller jusqu’au multi-devises. Ce qui peut se révéler très pratique dans certains cas.
  • Polylang n’a pas encore d’add-on complet pour WooCommerce, Frédéric Demarle est en train de le développer.
  • MultilingualPress n’aura aucun souci pour gérer WooCommerce sur chacun des sous-sites. Mais cela veut dire que vous ne gérez pas une boutique mais plusieurs… Quid de la gestion des stocks ? Ce ne sera pas possible.
  • Et WeGlot fait fi de tout problème : vous ne gérez qu’une seule boutique dont les textes sont traduits à la volée. Vous n’avez donc qu’à vous soucier de la configuration de WooCommerce pour pallier à tous les cas de paiement et de livraison inhérents au commerce international.

Conclusion : votre projet est unique

J’aimerais vous orienter vers la bonne solution tout de suite, vraiment. Mais comme dans le e-commerce, votre projet est probablement différent de celui du voisin.

C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a autant de solutions différentes pour le multilingue. Peut-être que le mode « miroir » de WeGlot vous conviendra ? Ou peut-être que vous êtes dans des logiques de multi-pays et multi-devises ?

Il y a tellement de cas que le mieux à faire est de bien poser sur le papier tout ce que vous cherchez à faire, puis de le tester avec les extensions que je vous ai présenté.

Ensuite, faites des tests poussés sur votre site. Vérifiez chaque phrase, chaque widget, chaque scénario de navigation ; changez également la langue de votre navigateur pour tester les redirections automatiques. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez voir les limites de chacune des solutions.

Pour finir, si pour une raison ou une autre, vous devez changer d’extension, sachez qu’il existe des plugins de migration pour à peu près toutes les solutions. Plutôt que de recommencer à zéro, vous pourrez continuer votre travail facilement !

Veillez tout de même a faire une sauvegarde de votre site avant de vous lancer. On ne sait jamais.

Et vous, quelle est votre solution préférée ? Pourquoi ? La conversation continue en commentaire !

Crédit photo : Dan Mc Kay