Par Nicolas Richer le 22 juillet 2016 • 19 commentaires

Cet article est le 3ème de la série qui consiste à tester les thèmes premium les plus populaires de ThemeForest.

Si vous n’avez pas encore lu les tests précédents, je vous invite à aller les voir :

Cette semaine, c’est au tour du thème X de passer sur le gril !

Cet article contient des liens d’affiliation : si vous achetez les thèmes et extensions présentés, la Marmite touchera une commission. Mais vous allez le voir : ce n’est pas pour autant que l’article est biaisé !


Je dois vous avouer que cet article est un des plus difficiles que j’ai eu à écrire pour le moment. Autant pour Avada et Enfold, ça a été plutôt simple, autant là j’ai le postérieur entre deux chaises (pour rester poli).

La démo principale du thème X

Premièrement, je n’ai pas utilisé le thème X pour un client avant ce test. Je l’ai acheté exprès pour voir ce qu’il avait vraiment sous la capot.

Deuxièmement, il ne m’a jamais vraiment emballé.

Depuis sa sortie en novembre 2013, ses slogans agressifs du type « le dernier thème que vous achèterez » ou encore « le thème qui a connu le plus de succès sur ThemeForest » me laissent indifférent.

Est-ce que c’est juste du marketing à l’américaine ? Sa deuxième place sur le podium de ThemeForest est-elle méritée ?

J’étais vraiment curieux de le découvrir et je vous partage mes impressions dans cet article.

X, le champion des démos fades

Oui, on va attaquer fort. Si je n’ai jamais été attiré par X, c’est avant tout parce que ses démos ne m’ont jamais fait rêver.

Il faut dire que lorsque l’on découvre le thème, on est d’abord décontenancé par ce qu’ils appellent les « stacks ».

Les 4 stacks de X

Alors comment définir ce concept ? Eh bien disons que ce sont des sous-thèmes. Lorsque vous achetez X, il peut prendre les caractéristiques de l’un des 4 existants : Integrity, Renew, Icon ou Ethos.

C’est un peu comme si vous aviez 4 looks pour le prix d’un. Chacun a ses forces et ses faiblesses… mais surtout, aucun d’entre eux n’est réellement sexy.

Alors que les thèmes concurrents redoublent d’ingéniosité et de webdesign pour se démarquer, je trouve que la multiplicité des démos de X ne font vraiment pas honneur au thème.

La démo Icon du thème X

Alors oui, on voit bien qu’il est possible de faire plein de sites différents. Mais au final, seront-ils tous aussi moches que les démos ?

À aucun moment on ne se dit « wouahou »

Heureusement, de nouvelles démos thématiques viennent relever le niveau. Mais pas de beaucoup. Pourquoi ne misent-ils pas plus sur la beauté des sites que l’on peut créer en étant eux-même à la pointe des tendances ? On est en droit de se poser la question.

Le stack « magazine » utilisé pour un site de restaurant. Où est la logique ?

Le stack Ethos (magazine) utilisé pour un site de restaurant. Où est la logique ?

La démo de X pour les restaurants

La démo de X pour les restaurants

La démo "Wedding"

La démo « Wedding »

Alors je me dis « mince quand même » ! Les démos ne donnent pas envie, les stacks sont finalement incompréhensibles… pourquoi autant de ventes ?

Qu’y-a-t-il derrière qui vaille vraiment le coup ? Ce ne serait donc pas le design ?

J’essaie encore de me convaincre qu’on peut faire de belles choses avec X alors je regarde 25 exemples trouvés sur le site WinningWP.

Encore une fois, je ne trouve rien de fantastique mais c’est plutôt propre. Enfin.. en creusant un peu on se rend quand même compte que la plupart font tous la même chose : un diaporama de Revolution Slider au dessus de l’en-tête.

Est-ce là le secret de X ? Un en-tête animé au dessus du menu de navigation ? Je n’espère pas.

1000$ d’extensions dont vous n’aurez probablement pas besoin

Si vous arrivez sur la page de vente de X, vous verrez que l’argument de vente principal ce sont les extensions incluses avec le thème.

Les 25 extensions incluses avec le thème X

Et là, il faut dire qu’ils ont bien joué leur coup. Il y en a 25, aussi bien développées par ThemeCo que disponibles grâce à des partenariats.

Vous aurez les classiques Revolution Slider et LayerSlider, comme (presque) tout thème premium vendu sur ThemeForest mais vous aurez aussi ConvertPlug (optins et popups), Superfly ou encore ACF Pro.

Par contre n’allez pas croire la mention « free » que vante X. Vous aurez les mises à jour des extensions au travers des mises à jour du thème mais vous n’avez pas pour autant une licence de chaque.

Vous n’aurez donc pas droit au support de chacun des développeurs, il faudra faire remonter vos problèmes au support de ThemeCo… mais ceux-ci y répondront. C’est d’ailleurs courageux de leur part d’assurer un semi-support d’autant d’extensions tierces !

Ceci étant dit, avez-vous besoin d’autant de plugins ?

On peut même dire que cela rajoute de la complexité à la prise en main du thème. Faut-il les installer ? Peut-on faire ce que l’on a imaginé sans ?

Ce n’est pas évident. Surtout quand vous avez 5 solutions différentes pour faire des diaporamas, 3 pour faire votre menu (sans compter les stacks) ou encore 3 pour afficher vos articles sous forme de grille.

Cette abondance de choix est oppressante. On ne sait plus dans quelle direction partir.

Si vous avez peur de manquer de solution technique pour réaliser ce que vous avez en tête, toutes ces extensions incluses pourront vous aider. Mais franchement, cette « bonne intention » devient un calvaire parce qu’il y a trop de choix.

Seuls ceux qui savent déjà dans quelle direction ils veulent partir sauront tirer partie de ces plugins « offerts ». Pour les autres, ce sera tout simplement inutile, voire gênant.

Petit mot gentil pour finir, tout de même, X est compatible avec WooCommerce, bbPress, BuddyPress, Contact Form 7, Gravity Forms ou encore WPML. Mais bon… tous les thèmes premium le sont, au final.

Devant un tel écosystème, il faut une documentation et un support au niveau

Et là franchement, je n’ai rien à redire.

La documentation de X

La documentation est probablement l’une des meilleures du marché avec aussi bien des mini-formations WordPress que des ressources techniques pour les développeurs ou encore des vidéos d’introduction au webmarketing.

C’est super. Mais il faut que vous parliez anglais, bien entendu. Sinon vous ne tirerez aucun bénéfice de tout ce que l’équipe de ThemeCo a préparé.

D’ailleurs, ne cherchez pas de phrases en français avec X, vous n’en trouverez pas. Ni dans le thème, ni dans la documentation, ni dans le support.

L’équipe pourrait proposer à la communauté de partager ou de contribuer aux traductions du thème… mais non. Même pas. Leur réponse est tout le temps la même : « vous avez un fichier .po, bonne chance ».

La traduction du thème ne semble pas être leur priorité. C’est dommage.

Si toutefois vous souhaitez profiter d’une expérience optimale lors de la manipulation du thème, je vous invite à vous procurer les traductions professionnelles de Didier de WPTrads.

Quoi qu’il en soit, ils ont également un très bon support via leur forum. Je n’ai même pas eu à le tester parce qu’une simple recherche a répondu à mon problème.

Les tickets sont vite résolus

L’équipe semble présente et réactive avec des réponses souvent élaborées. Ils n’hésitent pas non plus à prendre la main sur les sites des clients afin de voir par eux-même les problèmes.

Donc du côté de la documentation et du support, ils assurent. Mais vous n’en tirerez parti qu’en parlant couramment anglais.

C’est bien beau tout ça, mais que vaut le thème en lui-même ?

La personnalisation du thème est pratique mais frustrante

Entrons dans le vif du sujet avec la prise en main du thème. Parce que finalement c’est le plus important, non ?

Eh bien j’ai le plaisir de vous dire qu’elle fonctionne grâce à l’outil de personnalisation de WordPress !

L'outil de personnalisation de X

Et ça, c’est un vrai plaisir. Le problème, et je n’arrive pas à comprendre pourquoi, c’est que peu de thèmes ont migré leurs options dans l’outil de personnalisation.

Pourtant c’est une façon géniale de configurer un thème et de voir le rendu en temps réel

Avec X, vous pouvez donc changer de stack, de couleurs et de typographies (entre autres) et voir le résultat sur votre site, sans recharger la page.

Si vous n’avez encore jamais vécu cette expérience jusqu’à présent, je vous assure que c’est génial. Rien que le fait de ne pas faire d’allers-retours entre les réglages et la page d’accueil de votre site vous fait gagner un temps monstre.

Mais finalement, malgré l’utilisation de l’outil de personnalisation, je reste un peu sur ma fin. Il n’y a pas tant de réglages que ça et il faudra mettre les mains dans le CSS pour obtenir le look que vous souhaitez.

Je pense notamment à la taille de police des titres qui sont calculés automatiquement et pas forcément dans des proportions raisonnables (à mon goût).

Si vous réglez votre taille de contenu à 14 px, vous aurez :

  • Vos titres de niveau 1 à 56px (400%) ;
  • Vos titres de niveau 2 à 40px (285,7%) ;
  • Et vos titres de niveau 3 à 32px (228,5%).

Autant vous dire que c’est énorme. En plus, j’ai tendance à utiliser de grandes polices pour le corps de texte sur mes sites (18 à 21px), ce qui me donnerait des titres de niveau 1 avec une taille minimum de 72px.

Vous voyez les marges ? On en reparle plus tard.

Vous voyez les marges ? On en reparle plus tard.

Oui, c’est vraiment gigantesque.

C’est dans les parti-pris d’un thème que l’on découvre s’il nous convient

Et X en a beaucoup. Donc soit vous les aimez, soit vous devrez les écraser avec votre CSS. Ne comptez pas trop sur les réglages, ils sont finalement très légers.

Mais ne nous arrêtons pas si tôt : l’autre partie importante d’un thème c’est son utilisation au quotidien au travers de son page builder.

Cornerstone vient faciliter la mise en page de votre contenu

Chaque thème premium a son constructeur de pages de prédilection. Soit développé en interne, soit adapté, comme l’est régulièrement Visual Composer.

X ne déroge pas à la règle et c’est un page-builder maison que l’on retrouve : Cornerstone. Par contre il a un avantage indéniable par rapport à d’autres : il est en « front-end ».

C’est à dire que vous verrez directement à l’écran l’ajout d’éléments et leur modification au moment de leur saisie.

Prise en main de Cornerstone

(Chipotons un peu : ce n’est pas du vrai front-end mais plutôt quelque chose qui ressemble à l’outil de personnalisation. Si vous voulez voir du vrai front-end, vous pouvez essayer Editus et comprendre la différence. Ne foncez pas pour autant sur cette extension, elle n’est plus maintenue depuis un an, suite à un changement de propriétaire.)

L’interface est entièrement en anglais, là encore, mais on en comprend vite le fonctionnement grâce à une ergonomie sympathique. Alors on ajoute des sections, des colonnes, on pioche parmi la quarantaine de modules disponibles et on construit nos pages.

Les modules de Cornerstone

Par contre, j’ai été surpris de voir que certains modules n’étaient pas si flexibles que ça. Plutôt que d’avoir quelques réglages supplémentaires, les développeurs ont préféré restreindre les possibilités de personnalisation aux personnes maîtrisant le CSS.

Il faudra soit renseigner un champ « style » soit ajouter une classe CSS pour atteindre le look que l’on veut. Pourtant avec deux ou trois champs supplémentaires, tout aurait été plus facile.

En fait si on creuse un peu, on se rend même compte que Cornerstone repose sur les shortcodes des premières versions du thème. Sauf qu’ils avaient plus de réglages auparavant !

L’adaptation des shortcodes au page-builder s’est fait au détriment de la souplesse

Et si on s’intéresse aux partis-pris une fois encore, on voit que les marges utilisées entre les modules ne sont pas tout le temps agréables. Certains éléments sont collés entre eux, d’autres nagent à des kilomètres… et impossible de les manipuler sans entrer dans le CSS.

Il faut alors utiliser certains modules de « custom headlines » pour éviter d’avoir de trop grands espaces ou ajouter des modules de « gap » pour en ajouter.

La zone hachurée est un "gap", pour rajouter des marges

La zone hachurée est un « gap », pour rajouter des marges

Malgré tout, cela reste un très bon constructeur de pages avec toutes les fonctionnalités qu’on peut attendre, comme une bibliothèque pour enregistrer ou charger des modèles de pages.

C’est ainsi que vous pourrez importer des mises en page entières tirées des démos afin de les adapter ensuite.

Et une question se pose toujours lorsque l’on utilise un page builder :

Que se passe-t-il si je souhaite changer de thème ?
Mon contenu peut-il continuer à exister ?
Va-t-il falloir tout reprendre ?

Eh bien ici, étant donné que l’on peut se procurer Cornerstone indépendamment du thème, le problème est contourné. En gros, en gardant l’extension activée, vous pourrez conserver vos mises en page.

Mais dans le cas où vous voudriez changer de constructeur de pages, un nettoyage en profondeur sera nécessaire puisqu’il vous restera plein de shortcodes dans votre contenu. Mais bon, c’est le même problème avec à peu près tous les page builders !

Verdict : je reste sur ma faim

Franchement, j’attendais beaucoup de X. Je pensais même qu’il allait ébranler ma confiance en Divi mais il n’en est rien.

Ses 25 extensions incluses me laissent finalement indifférent et je n’arrive toujours pas à savoir ce que je gagne à utiliser un stack plutôt qu’un autre.

Mais surtout, je sais que si j’en viens à utiliser le thème, il faudra que je rajoute énormément de CSS pour aérer le contenu comme je l’entends.

Au final, le marketing de X est bon mais le thème n’est pas si fantastique que ça. Alors oui, côté support et documentation, la qualité est au rendez-vous.

Mais à part ça, X reste un thème comme les autres, voire moins évolué. Sa seule vraie différence c’est son page builder.

Si vous vous dites que le nombre de ventes est le signal le plus fort à prendre en compte pour choisir un thème, je suis au regret de vous apprendre que ce n’est pas suffisant.

Il y a un effet « mouton » tel, que les thèmes les plus vendus continuent de générer des ventes… même si techniquement ou visuellement ils sont à la traîne.

Quelque part c’est une aubaine pour tous les développeurs qui veulent lancer leur produit : il y a encore moyen de se différencier et de se faire une place.

Mais pour nous, utilisateurs, cela veut aussi dire que la recherche d’un thème est plus fastidieuse que prévue.

Découvrez X sur ThemeForest


 

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour le test de BeTheme. S’il en est à sa version 14 c’est qu’il doit être plus évolué que les autres, n’est-ce pas ? Nous le verrons bien !

Vous avez déjà utilisé X ? Faites-nous part de votre ressenti en commentaires !